Le Sénégal appartient au domaine tropical à saison sèche marquée, à la charnière entre le Sahara et les savanes soudaniennes. Son climat est commandé par l'alternance de deux flux : l'harmattan, vent continental sec venu du nord-est pendant l'hiver boréal, et la mousson ouest-africaine, flux océanique humide qui remonte du sud pendant l'été. Un troisième facteur, propre au pays, tempère fortement la façade atlantique : l'alizé maritime et les remontées d'eaux froides côtières. Le résultat est un territoire qui passe du semi-désertique au tropical humide sur moins de 700 kilomètres, comme le montre l'ensemble du guide de voyage du Sénégal.
Pour la grande majorité des séjours, la période la plus confortable s'étend de novembre à février : les pluies ont cessé sur tout le pays, la chaleur reste supportable jusque dans l'intérieur, et l'air est sec. La nuance principale concerne la mer : ces mêmes mois correspondent à la saison des remontées d'eaux froides, et l'eau est alors nettement plus fraîche qu'en fin d'hivernage.
Les sections qui suivent détaillent les normales mensuelles de quatre stations représentatives, le déroulement des deux saisons, les écarts entre les régions et les périodes de vigilance à connaître avant de fixer des dates.
⚡ Le climat au Sénégal en 30 secondes
- Meilleur compromis : novembre à février.
- Deux saisons : saison sèche de novembre à mai, hivernage de juin-juillet à octobre.
- Mois le plus chaud à Dakar : octobre, 31,3 °C de maximale moyenne.
- Mois le plus chaud à l'intérieur : avril, 41,4 °C de maximale moyenne à Tambacounda.
- Mois le plus pluvieux : août (165,6 mm à Dakar, 480,7 mm à Ziguinchor).
- Mer : plus fraîche de novembre à mai, plus chaude de septembre à novembre.
- Vigilance : fortes pluies et inondations urbaines en août-septembre.
Sommaire
Quand partir au Sénégal ?
Pour une première visite : le meilleur compromis
La fenêtre novembre à février réunit le plus grand nombre de conditions favorables. Les précipitations normales y sont pratiquement nulles partout, y compris en Casamance, la région la plus arrosée du pays. À Dakar, les maximales moyennes se tiennent entre 25 et 30 °C et les minimales entre 18 et 23,5 °C ; à Tambacounda, où l'été est écrasant, janvier reste à 34,9 °C de maximale moyenne au lieu de 41,4 °C en avril. C'est aussi la période où l'humidité est la plus basse, ce qui change beaucoup le ressenti à chaleur égale. Cette combinaison explique que la saison touristique officielle s'ouvre à la fin du mois d'octobre.
Pour éviter la pluie et l'humidité
De décembre à mai, les normales de précipitations sont inférieures à 3 mm par mois sur les quatre stations de référence, et le nombre de jours de pluie mesurable est proche de zéro. Statistiquement, c'est la période la plus sûre pour un itinéraire long ou un déplacement vers les régions dont les pistes deviennent difficiles en saison humide. Le revers est thermique : à partir de mars, la chaleur intérieure devient très forte, avec en moyenne 25 jours au-dessus de 40 °C en avril à Tambacounda. Le mois de mai marque l'arrivée des premières averses dans le sud-est.
Pour la baignade et la mer
Le meilleur moment pour l'eau ne coïncide pas avec le meilleur moment pour l'air. La côte sénégalaise est soumise à un système de remontées d'eaux froides actif de novembre à mai, qui abaisse fortement la température de surface, le minimum se plaçant en février-mars. À l'inverse, les eaux les plus chaudes s'observent entre septembre et novembre. Pour une priorité balnéaire, octobre et novembre constituent donc le meilleur arbitrage : la mer conserve sa chaleur de fin d'hivernage alors que les pluies ont déjà nettement diminué.
Pour éviter l'affluence
La haute saison touristique correspond exactement à la saison sèche. Les périodes les plus fréquentées sont les fêtes de fin d'année et les vacances scolaires européennes d'hiver. Pour un séjour plus calme sans renoncer au confort climatique, fin novembre et début décembre, ainsi que la seconde moitié de janvier, offrent des conditions équivalentes avec une fréquentation plus modérée. Les mois d'hivernage, eux, correspondent à la basse saison, avec des conditions climatiques nettement moins favorables.
Pour un séjour hors saison
Voyager en hivernage n'a rien d'impossible, mais suppose d'accepter deux contraintes : l'humidité et l'irrégularité. Les pluies tombent le plus souvent sous forme d'averses orageuses intenses et brèves plutôt que de journées entières couvertes — à Ziguinchor, le mois d'août compte en moyenne 21,4 jours de pluie mesurable, mais seulement 2,6 jours au-delà de 50 mm. C'est aussi la période où les paysages sont verts et où l'intérieur du pays est le moins chaud : à Tambacounda, août plafonne à 32,2 °C de maximale moyenne, soit près de 9 °C de moins qu'en avril.
🌡️ Le climat du Sénégal en un coup d'œil
| Type de climat | Tropical à deux saisons ; Köppen BWh au nord, BSh au centre et sur le littoral, Aw au sud |
|---|---|
| Meilleure période | Novembre à février |
| Période à éviter | Août-septembre pour la pluie ; avril-juin à l'intérieur pour la chaleur |
| Mois le plus chaud | Octobre à Dakar (31,3 °C de maximale moyenne) ; avril à Tambacounda (41,4 °C) |
| Mois le plus frais | Février à Dakar (25,2 °C de maximale, 18,0 °C de minimale) |
| Mois le plus pluvieux | Août (165,6 mm à Dakar ; 480,7 mm à Ziguinchor) |
| Mois le plus sec | Avril (0 mm de normale à Dakar et à Ziguinchor) |
| Saison sèche / hivernage | Saison sèche de novembre à mai ; hivernage de juin-juillet à octobre |
| Température de la mer | Plus fraîche de novembre à mai (remontées d'eaux froides) ; maximale de septembre à novembre |
| Risque climatique principal | Fortes pluies et inondations urbaines d'hivernage ; chaleur extrême à l'intérieur ; brume sèche |
| Affluence maximale | Novembre à avril, avec pics aux fêtes de fin d'année et aux vacances d'hiver — forte |
| Stations de référence | Dakar (24 m), Saint-Louis, Tambacounda (49 m), Ziguinchor (26 m) — normales OMM 1991-2020 |
Ce profil résume un pays qui n'a pas un climat mais plusieurs. Les écarts entre Dakar et Tambacounda dépassent 11 °C de maximale moyenne en avril, et les cumuls annuels varient de 272 mm à Saint-Louis à 1 401 mm à Ziguinchor. Les valeurs ci-dessus doivent donc toujours être rapportées à la région envisagée.
Quel est le climat du Sénégal ?
Un climat commandé par le balancement de la mousson
Le rythme annuel sénégalais tient à un mécanisme unique : le déplacement saisonnier de la zone de convergence intertropicale. En hiver boréal, elle se situe loin au sud, et le pays est sous l'influence d'un flux continental sec de secteur nord-est. À partir de mai-juin, elle remonte vers le nord et amène avec elle la mousson, un flux d'air humide venu de l'Atlantique sud. Les pluies apparaissent donc d'abord au sud-est, puis gagnent progressivement le nord, avant de se retirer dans l'ordre inverse en octobre. C'est ce balancement, et non un cycle de températures, qui structure l'année.
Le rôle modérateur de l'océan
La façade atlantique bénéficie d'un régime à part. L'alizé maritime et un système de remontées d'eaux froides côtières abaissent sensiblement les températures du littoral pendant la saison sèche. L'effet est spectaculaire à Dakar, installée à l'extrémité d'une presqu'île : la maximale moyenne d'avril y est de 25,0 °C, contre 41,4 °C à Tambacounda le même mois. La station de Dakar ne compte en moyenne que 4,3 jours par an au-dessus de 35 °C, quand Ziguinchor en compte 185. Cette différence est le fait climatique le plus utile à retenir avant de choisir un itinéraire.
Un gradient nord-sud très marqué
Les cumuls de pluie augmentent régulièrement du nord vers le sud, à mesure que la mousson pénètre plus longtemps dans l'année. Saint-Louis reçoit 272 mm par an sur 20,5 jours de pluie ; Dakar, 393 mm sur 26,8 jours ; Tambacounda, 742 mm sur 50,2 jours ; Ziguinchor, 1 401 mm sur 74,1 jours. La saison humide s'allonge dans le même sens : elle se limite à trois mois utiles dans la vallée du fleuve et en compte cinq en Casamance. Ce gradient explique aussi la répartition des paysages, traitée dans la page dédiée à la géographie.
Températures et précipitations mois par mois
Les tableaux ci-dessous reprennent les normales climatiques OMM 1991-2020 transmises par le Sénégal pour quatre stations synoptiques, une par grand ensemble climatique. Les colonnes indiquent la maximale moyenne, valeur atteinte en milieu de journée, et la minimale moyenne, valeur de fin de nuit : aucune des deux ne correspond à la température moyenne d'une journée, qui se situe entre les deux. Les jours de pluie comptabilisent les journées à 1 mm ou plus. L'ensoleillement et l'humidité ne figurant pas dans la ressource consultée pour ces quatre stations, ces colonnes sont omises plutôt qu'estimées.
Dakar, le littoral atlantique
Station de référence pour la capitale, la Petite Côte et l'ensemble de la façade océanique proche.
| Mois | Max. moy. | Min. moy. | Précipitations | Jours de pluie | Conditions de voyage |
|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 25,9 °C | 18,6 °C | 1,2 mm | 0,1 | Sec et doux, air peu humide |
| Février | 25,2 °C | 18,0 °C | 0,4 mm | 0,2 | Mois le plus frais de l'année |
| Mars | 25,2 °C | 18,4 °C | 0,1 mm | 0,1 | Sec, alizé maritime soutenu |
| Avril | 25,0 °C | 19,1 °C | 0 mm | 0 | Aucune pluie en moyenne, mer fraîche |
| Mai | 26,2 °C | 20,7 °C | 0 mm | 0 | Chaleur en hausse, toujours sec |
| Juin | 28,7 °C | 23,6 °C | 7,0 mm | 0,6 | Humidité qui monte, averses isolées |
| Juillet | 30,1 °C | 25,2 °C | 52,8 mm | 4,2 | Installation de l'hivernage |
| Août | 30,5 °C | 25,4 °C | 165,6 mm | 9,8 | Mois le plus arrosé, air lourd |
| Septembre | 30,9 °C | 25,2 °C | 138,4 mm | 9,2 | Pluies encore fréquentes |
| Octobre | 31,3 °C | 25,5 °C | 26,3 mm | 2,4 | Maximales les plus élevées, pluies en net retrait |
| Novembre | 30,1 °C | 23,5 °C | 0,3 mm | 0,1 | Retour au sec, nuits encore douces |
| Décembre | 27,9 °C | 21,0 °C | 0,4 mm | 0,1 | Sec, nuits plus fraîches |
| Année | 28,1 °C | 22,0 °C | 392,5 mm | 26,8 | — |
Saint-Louis, le nord et la vallée du fleuve
Station représentative du domaine sahélien septentrional, sur une côte encore soumise à l'influence océanique.
| Mois | Max. moy. | Min. moy. | Précipitations | Jours de pluie | Conditions de voyage |
|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 31,4 °C | 16,1 °C | 2,5 mm | 0,1 | Forte amplitude, nuits fraîches |
| Février | 32,4 °C | 17,1 °C | 0,6 mm | 0,3 | Sec, épisodes de brume possibles |
| Mars | 33,0 °C | 17,8 °C | 0,2 mm | 0,1 | Journées chaudes, air très sec |
| Avril | 31,5 °C | 18,3 °C | 0,1 mm | 0 | Influence maritime marquée |
| Mai | 30,3 °C | 19,7 °C | 0,1 mm | 0,1 | Mois le plus tempéré en journée |
| Juin | 30,6 °C | 22,7 °C | 6,5 mm | 0,5 | Humidité en hausse |
| Juillet | 31,3 °C | 24,5 °C | 43,1 mm | 3,3 | Premières pluies significatives |
| Août | 32,1 °C | 25,1 °C | 91,5 mm | 7,1 | Cœur de la saison humide |
| Septembre | 33,0 °C | 25,1 °C | 103,7 mm | 7,1 | Mois le plus arrosé |
| Octobre | 34,5 °C | 24,0 °C | 23,7 mm | 1,8 | Retrait rapide des pluies |
| Novembre | 34,7 °C | 20,3 °C | 0,1 mm | 0 | Journées les plus chaudes de l'année |
| Décembre | 32,5 °C | 17,4 °C | 0,3 mm | 0,1 | Sec, nuits nettement fraîches |
| Année | 32,3 °C | 20,7 °C | 272,4 mm | 20,5 | — |
Tambacounda, l'intérieur oriental
Station représentative des plaines continentales de l'est, loin de toute influence océanique.
| Mois | Max. moy. | Min. moy. | Précipitations | Jours de pluie | Conditions de voyage |
|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 34,9 °C | 18,0 °C | 0,1 mm | 0 | Période la plus praticable, nuits fraîches |
| Février | 37,4 °C | 20,4 °C | 0,1 mm | 0,1 | Chaleur sèche déjà forte |
| Mars | 39,8 °C | 23,1 °C | 0,2 mm | 0,1 | Journées très chaudes |
| Avril | 41,4 °C | 25,3 °C | 0,1 mm | 0,1 | Mois le plus chaud, 25 jours au-delà de 40 °C |
| Mai | 40,9 °C | 26,5 °C | 13,2 mm | 1,1 | Premières averses pré-mousson |
| Juin | 37,6 °C | 25,5 °C | 82,6 mm | 5,9 | Arrivée de la mousson, chaleur en baisse |
| Juillet | 33,6 °C | 23,8 °C | 163,0 mm | 10,6 | Pluies régulières |
| Août | 32,2 °C | 23,0 °C | 226,7 mm | 14,8 | Mois le plus arrosé et le moins chaud |
| Septembre | 33,0 °C | 22,5 °C | 199,3 mm | 12,9 | Pluies encore abondantes |
| Octobre | 35,9 °C | 22,8 °C | 54,3 mm | 4,3 | Retrait de la mousson |
| Novembre | 37,5 °C | 20,1 °C | 2,6 mm | 0,3 | Retour au sec, chaleur qui remonte |
| Décembre | 35,6 °C | 18,3 °C | 0 mm | 0 | Sec, forte amplitude jour-nuit |
| Année | 36,6 °C | 22,4 °C | 742,2 mm | 50,2 | — |
Ziguinchor, la Casamance
Station représentative du sud du pays, la région la plus arrosée et la plus longtemps humide.
| Mois | Max. moy. | Min. moy. | Précipitations | Jours de pluie | Conditions de voyage |
|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 34,1 °C | 17,8 °C | 4,9 mm | 1,2 | Saison sèche, nuits les plus fraîches |
| Février | 36,7 °C | 18,7 °C | 0,2 mm | 0,1 | Sec, amplitude jour-nuit maximale |
| Mars | 38,4 °C | 19,7 °C | 0 mm | 0 | Aucune pluie en moyenne |
| Avril | 38,4 °C | 20,4 °C | 0 mm | 0 | Mois le plus chaud avec mars |
| Mai | 37,2 °C | 22,1 °C | 2,9 mm | 0,7 | Humidité qui remonte |
| Juin | 35,5 °C | 24,1 °C | 93,1 mm | 6,6 | Entrée dans l'hivernage |
| Juillet | 33,1 °C | 23,9 °C | 341,1 mm | 17,5 | Pluies quasi quotidiennes |
| Août | 32,3 °C | 23,7 °C | 480,7 mm | 21,4 | Mois le plus arrosé du pays |
| Septembre | 33,0 °C | 23,5 °C | 358,6 mm | 18,4 | Cumuls encore très élevés |
| Octobre | 34,4 °C | 23,7 °C | 113,5 mm | 7,9 | Fin d'hivernage, végétation dense |
| Novembre | 34,6 °C | 21,7 °C | 6,1 mm | 0,3 | Retour au sec |
| Décembre | 33,7 °C | 18,7 °C | 0,1 mm | 0 | Sec et lumineux |
| Année | 35,1 °C | 21,5 °C | 1 401,2 mm | 74,1 | — |
La lecture d'ensemble fait apparaître une courbe annuelle sans hiver : à aucune station le thermomètre ne descend durablement, et la maximale moyenne du mois le plus frais reste partout supérieure à 25 °C. Ce qui varie, c'est la pluie. Les quatre stations partagent le même calendrier — cumuls nuls de décembre à avril, maximum en août, retrait en octobre — mais avec des intensités sans commune mesure : le mois d'août seul apporte à Ziguinchor davantage de pluie que Saint-Louis n'en reçoit en une année entière. Deuxième contraste : l'amplitude jour-nuit, faible sur le littoral (7 à 8 °C à Dakar) et très forte à l'intérieur en saison sèche, où Tambacounda passe de 18 °C à l'aube à 35 °C l'après-midi en janvier.
Le climat au fil des saisons
La saison sèche fraîche (novembre à février)
C'est la saison la plus confortable et la mieux caractérisée. L'harmattan s'installe, l'air devient sec, les cumuls de pluie tombent à zéro sur tout le pays. Les journées restent chaudes mais tolérables, et les nuits deviennent réellement fraîches à l'intérieur et dans le nord : la minimale moyenne descend à 16,1 °C en janvier à Saint-Louis et à 17,8 °C à Ziguinchor. Sur la période 1991-2020, la valeur la plus basse relevée à Ziguinchor a été de 12,4 °C, le 20 janvier 2009. Le point de vigilance est la brume sèche, qui peut réduire la visibilité et ternir la lumière pendant plusieurs jours. Cette saison structure aussi le calendrier social et festif, développé dans la page consacrée à la culture du Sénégal.
La montée des chaleurs (mars à juin)
La sécheresse se maintient mais la chaleur s'accumule, d'abord à l'est et au sud. Tambacounda passe de 34,9 °C de maximale moyenne en janvier à 41,4 °C en avril, avec en moyenne 77,6 jours par an au-dessus de 40 °C, presque tous concentrés entre mars et juin. Le littoral échappe largement à cette montée : Dakar reste à 25,0 °C en avril, son mois le plus frais en journée après février. Cet écart croissant entre la côte et l'intérieur est la signature de la saison. À partir de mai, les premières averses orageuses apparaissent au sud-est, sans mettre fin à la saison sèche.
L'hivernage (juillet à septembre)
La mousson est installée sur l'ensemble du pays. Les pluies tombent essentiellement sous forme d'orages, souvent en fin d'après-midi ou la nuit, entrecoupés de longues éclaircies : la Casamance compte 21,4 jours de pluie en août, mais les journées entièrement perdues restent minoritaires. L'humidité, en revanche, est constante, et les minimales cessent de descendre — 25,4 °C en août à Dakar. Paradoxalement, c'est la période la moins chaude en journée à l'intérieur, la couverture nuageuse limitant l'insolation. Les cumuls peuvent être très concentrés : 230,8 mm sont tombés en une seule journée à Ziguinchor le 18 août 1999, et 160,8 mm à Dakar le 26 août 2012.
La sortie d'hivernage (octobre)
Octobre est un mois de transition qui mérite d'être traité à part. Le retrait de la mousson s'opère du nord vers le sud : les cumuls chutent à 23,7 mm à Saint-Louis et 26,3 mm à Dakar, tout en restant substantiels en Casamance avec 113,5 mm. C'est aussi le mois des maximales les plus élevées sur la côte, avec 31,3 °C à Dakar et 34,5 °C à Saint-Louis, l'ensoleillement revenant sur un air encore humide. L'océan, réchauffé par plusieurs mois sans remontées d'eaux froides, atteint alors ses valeurs les plus élevées de l'année.
💡 Idée reçue sur le climat au Sénégal
« Il fait chaud partout, toute l'année. » En avril, la maximale moyenne est de 25,0 °C à Dakar contre 41,4 °C à Tambacounda : la côte et l'intérieur ne relèvent pas de la même expérience climatique.
Les différences de climat selon les régions
Le littoral et la presqu'île du Cap-Vert
C'est la région la plus atypique du pays. La combinaison de l'alizé maritime et des eaux côtières fraîches y maintient des maximales exceptionnellement basses pour la latitude : 28,1 °C de moyenne annuelle à Dakar, contre 36,6 °C à Tambacounda. La conséquence pratique est directe : la chaleur n'est jamais un obstacle à Dakar et sur la Petite Côte, y compris au cœur de la saison sèche chaude. L'avancée de la presqu'île dans l'océan et l'orientation du littoral expliquent cette singularité, décrite en détail dans la page sur la géographie du Sénégal.
Le nord sahélien et la vallée du fleuve
Le nord relève d'un régime désertique : 272 mm par an à Saint-Louis, concentrés sur trois mois. Ce qui distingue la région n'est pas seulement la sécheresse mais l'amplitude thermique : en décembre-janvier, l'écart quotidien atteint 15 °C, avec des matinées à 16-17 °C et des après-midi à plus de 31 °C. Plus on s'éloigne de la côte vers l'intérieur de la vallée, plus cette amplitude s'accentue et plus les maximales de saison chaude s'élèvent.
L'intérieur oriental et le centre
C'est le domaine continental par excellence, sans aucune modération océanique. La saison sèche y est la plus éprouvante du pays, avec 25 jours au-delà de 40 °C en moyenne en avril à Tambacounda, mais la saison humide y est nettement plus généreuse qu'au nord, avec 742 mm annuels. Pour un voyageur, cela signifie une fenêtre confortable resserrée : de novembre à février, contre cinq à six mois sur le littoral.
La Casamance
Séparée du reste du pays par la Gambie, la Casamance relève d'un climat tropical de savane humide qui la rapproche davantage des pays côtiers plus au sud. Avec 1 401 mm annuels et 74 jours de pluie, elle reçoit plus de trois fois les cumuls de Dakar. Sa saison sèche est en revanche aussi nette qu'ailleurs, avec des mois de mars et avril à 0 mm de normale. Cette continuité régionale se prolonge dans le climat de la Gambie, très proche de celui de la Basse-Casamance.
Quelle période choisir selon les activités et l'affluence
Pour les visites urbaines et culturelles
De novembre à février, la marche en ville est confortable partout, y compris à Saint-Louis où les journées restent chaudes mais où l'humidité est très basse. C'est aussi la période où l'absence de pluie rend les déplacements les plus prévisibles. À l'inverse, une visite en avril-mai dans le nord ou l'est impose de se limiter au début de matinée et à la fin d'après-midi. Le détail des sites et des expériences relève de la page dédiée aux activités du Sénégal.
Pour la plage et les activités nautiques
Le climat aérien est favorable de novembre à mai, mais la température de l'eau ne l'est pas : c'est précisément la saison des remontées d'eaux froides. Octobre et novembre constituent le meilleur compromis, avec une mer encore chaude, des pluies devenues rares et une fréquentation modérée. Décembre à février restent parfaitement praticables pour les activités hors de l'eau ou avec équipement.
Pour l'observation de la faune et des oiseaux
La fin de la saison sèche, de janvier à avril, est statistiquement la plus favorable : les points d'eau se raréfient, ce qui concentre les animaux, et la végétation moins dense améliore la visibilité. Les zones humides du nord accueillent par ailleurs les migrateurs paléarctiques pendant l'hiver boréal. À l'inverse, l'hivernage rend de nombreuses pistes difficiles et disperse la faune.
Affluence : quand la haute saison commence et finit
La saison touristique sénégalaise est officiellement ouverte à la fin du mois d'octobre par le ministère chargé du Tourisme, et suit ensuite la saison sèche. L'affluence est forte de fin décembre à début mars, en particulier pendant les fêtes de fin d'année et les vacances scolaires européennes d'hiver ; elle est modérée en novembre, début décembre et en avril ; elle est faible pendant l'hivernage, de juillet à septembre. Le meilleur arbitrage entre confort climatique et tranquillité se situe donc en novembre et dans la seconde moitié de janvier.
⚖️ Comparer le climat du Sénégal
Le Cap-Vert partage avec le littoral sénégalais l'influence de l'Atlantique et un maximum de pluies en août-septembre. La différence décisive tient aux cumuls : l'archipel reçoit beaucoup moins de pluie que Dakar, et sa saison humide y est plus brève et plus irrégulière. Pour un séjour balnéaire en septembre, l'archipel est donc statistiquement plus sûr ; pour la diversité des paysages et des régions, le Sénégal l'emporte largement. Voir le climat du Cap-Vert.
Risques climatiques et périodes de vigilance
Fortes pluies, orages et inondations
Le risque principal se concentre en août et septembre. Il ne tient pas au cumul mensuel mais à son intensité : Ziguinchor enregistre en moyenne 2,6 journées par an à plus de 50 mm et 0,9 journée à plus de 100 mm, presque toutes en août-septembre. Ces épisodes provoquent des inondations, notamment dans les quartiers bas de l'agglomération dakaroise, et des coupures temporaires de pistes. Ils sont fréquents à cette période, mais restent des événements ponctuels et localisés.
Chaleur extrême à l'intérieur
De mars à juin, l'intérieur oriental connaît des conditions physiologiquement exigeantes. Tambacounda dépasse 40 °C environ 25 jours en avril et 23 jours en mai, et Ziguinchor compte 24,4 jours par an au-dessus de 40 °C. Le littoral est très largement épargné : Dakar ne franchit 35 °C que 4,3 jours par an en moyenne.
Brume sèche, harmattan et cyclones
Pendant la saison sèche, l'harmattan transporte des poussières sahariennes qui forment une brume sèche réduisant la visibilité et la qualité de l'air, par épisodes de quelques jours, principalement de décembre à mars. Concernant les cyclones tropicaux, une précision utile : la région est bien le berceau des ondes d'est dont naissent de nombreux ouragans atlantiques, mais leur intensification se produit au large, après le départ des côtes africaines, et les atterrissages de cyclones sur le Sénégal sont rares.
⚠️ Vigilance climatique
Les valeurs de cette page sont des normales calculées sur trente ans : elles décrivent un comportement moyen, pas le temps qu'il fera à une date donnée. Une année peut s'écarter très sensiblement de ces moyennes, notamment sur les cumuls d'hivernage. Pour les prévisions et les bulletins de vigilance, consulter l'ANACIM, service météorologique national du Sénégal.
🎒 Que mettre dans sa valise
| Période | Vêtements | Protection | Équipement utile |
|---|---|---|---|
| Saison sèche fraîche (nov.-févr.) | Tenues légères en journée, une couche chaude pour les soirées à l'intérieur et dans le nord | Protection solaire, lunettes, chapeau | Foulard contre la poussière lors des épisodes de brume sèche |
| Saison sèche chaude (mars-juin) | Vêtements très légers, amples et couvrants pour limiter l'exposition | Protection solaire élevée, couvre-chef indispensable à l'intérieur | Grande gourde ou contenant réutilisable |
| Hivernage (juil.-oct.) | Matières légères séchant vite, change de rechange | Protection solaire, protection anti-moustiques | Veste ou poncho imperméable léger, chaussures fermées adaptées aux sols détrempés |
Questions fréquentes
- Cette page donne-t-elle la météo du jour au Sénégal ?
Non. Elle présente des normales climatiques, c'est-à-dire des moyennes calculées sur la période 1991-2020. Ces valeurs décrivent le comportement habituel du climat, mais ne constituent en aucun cas une prévision. Pour connaître le temps attendu à une date précise, consultez l'ANACIM, l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie, service météorologique officiel du Sénégal.
- Quel est le mois le plus chaud au Sénégal ?
Cela dépend entièrement de la région. Sur le littoral, c'est octobre : Dakar y atteint 31,3 °C de maximale moyenne. À l'intérieur, c'est avril, avec 41,4 °C à Tambacounda. Cette inversion s'explique par la couverture nuageuse d'hivernage, qui refroidit l'intérieur en été, alors que la côte, tempérée le reste de l'année par l'océan, atteint son pic après le retrait des pluies.
- Peut-on voyager au Sénégal pendant l'hivernage ?
Oui, à condition d'accepter l'humidité et une part d'imprévu. Les pluies sont surtout orageuses et discontinues : Dakar compte 9,8 jours de pluie mesurable en août, soit moins d'un jour sur trois. Les températures en journée sont même plus basses qu'en avril à l'intérieur. Les principales contraintes sont l'état des pistes, la végétation dense et une fréquentation touristique réduite.
- La mer est-elle chaude toute l'année sur la côte sénégalaise ?
Non. La côte est soumise à des remontées d'eaux froides actives de novembre à mai, qui abaissent nettement la température de surface, avec un minimum en février-mars. Les eaux les plus chaudes s'observent en fin d'hivernage et en début de saison sèche, entre septembre et novembre. C'est le principal arbitrage à faire pour un séjour balnéaire.
- Quelle différence de climat entre Dakar et la Casamance ?
Elle porte surtout sur la pluie et la chaleur. Ziguinchor reçoit 1 401 mm par an contre 393 mm à Dakar, et son mois d'août seul dépasse le cumul annuel dakarois. Côté températures, Ziguinchor connaît 185 jours par an au-dessus de 35 °C contre 4,3 à Dakar. En saison sèche, les deux régions sont pourtant également sèches.
- Qu'est-ce que l'harmattan et quand souffle-t-il ?
C'est le flux continental sec de secteur nord-est qui domine pendant la saison sèche. Il assèche l'air, accentue l'amplitude entre le jour et la nuit, et transporte des poussières sahariennes formant une brume sèche qui réduit la visibilité par épisodes de quelques jours, principalement entre décembre et mars. Son influence est plus marquée à l'intérieur que sur le littoral.
- Fait-il froid la nuit au Sénégal en saison sèche ?
Froid, non, mais l'écart surprend souvent. En janvier, la minimale moyenne descend à 16,1 °C à Saint-Louis, 17,8 °C à Ziguinchor et 18,0 °C à Tambacounda, après des après-midi à 31-35 °C. Sur la période 1991-2020, la valeur la plus basse relevée à Dakar a été de 14,0 °C, le 26 janvier 2004. Une couche supplémentaire pour les soirées est utile hors du littoral.
À retenir
Le Sénégal se visite avant tout entre novembre et février : les pluies sont absentes sur tout le pays, la chaleur reste maîtrisée même à l'intérieur et l'air est sec. Deux nuances déterminent le choix final. La première est régionale : le littoral, tempéré par l'océan, reste agréable une grande partie de l'année, alors que l'intérieur devient très chaud dès le mois de mars. La seconde est maritime : la mer est la plus fraîche pendant la saison sèche et la plus chaude en octobre-novembre, ce qui fait de ces deux mois le meilleur compromis pour un séjour balnéaire.
Sources, méthodologie et limites
Toutes les valeurs chiffrées de cette page proviennent des normales climatiques standard de l'Organisation météorologique mondiale pour la période 1991-2020, transmises par le Sénégal et diffusées par les National Centers for Environmental Information de la NOAA. Quatre stations synoptiques ont été retenues, une par grand ensemble climatique : Dakar (identifiant OMM 61641, 24 m), Saint-Louis (61600), Tambacounda (61687, 49 m) et Ziguinchor (61695, 26 m). L'altitude de la station de Saint-Louis n'est pas précisée dans la ressource consultée.
Ces quatre stations couvrent bien le littoral, le nord sahélien, l'intérieur oriental et la Casamance, mais ne rendent pas compte des situations locales fonds de vallée, abords immédiats du fleuve, micro-climats urbains. Les colonnes d'ensoleillement et d'humidité ne figurant pas dans la ressource consultée pour ces stations, elles sont omises et non estimées. Une limite doit être signalée : la normale de janvier à Ziguinchor est influencée par une valeur mensuelle atypique enregistrée en 2015 ; elle est reproduite telle que publiée, sans correction.
Aucune normale mensuelle officielle de température de la mer n'a pu être identifiée pour les stations côtières sénégalaises. La saisonnalité maritime est donc décrite de façon qualitative, à partir de travaux océanographiques sur l'upwelling sénégalo-mauritanien, dont une documentation de la FAO situant la saison froide de novembre à mai. Les éléments d'affluence s'appuient sur le calendrier officiel de la saison touristique publié par le ministère chargé du Tourisme du Sénégal, l'ANSD ne diffusant pas de ventilation mensuelle publique des arrivées.
Une normale climatique n'est pas une prévision : pour les prévisions et les vigilances, se référer à l'ANACIM. Dernière vérification éditoriale : 26 août 2026.