Gastronomie du Sri Lanka

Sur l'île du Sri Lanka, la cuisine se reconnaît d'abord à son intensité : le piment, la noix de coco et une gamme d'épices cultivées localement depuis des siècles composent une palette de saveurs qui a fait la réputation commerciale du pays bien avant son tourisme. Cette identité culinaire s'inscrit dans un pays qui fut longtemps un carrefour d'échanges entre l'Inde, l'Asie du Sud-Est, le monde arabe et les puissances coloniales européennes, chacun laissant une empreinte durable dans les assiettes. Pour comprendre l'ensemble du pays au-delà de sa table, le guide de voyage du Sri Lanka offre une entrée en matière plus large.

Cette cuisine ne se résume pas à un plat unique : elle varie selon les régions, les communautés religieuses et les ressources locales, entre currys relevés de l'intérieur des terres, préparations à base de poisson sur le littoral et influences plus douces héritées du Sud de l'Inde. Le riz, la noix de coco et les épices en constituent le socle commun, mais leur combinaison change d'une maison à l'autre et d'une communauté à l'autre, sans qu'aucune recette ne fasse jamais totalement consensus.

Cette page présente les spécialités qui définissent la gastronomie sri-lankaise, la manière dont les identités régionales se distinguent, le rythme quotidien des repas ainsi que les produits et boissons qui caractérisent le pays.

⚡ Comprendre la gastronomie au Sri Lanka en 30 secondes

  • Une cuisine construite autour du riz, du curry et de la noix de coco, relevée par le piment et une large palette d'épices locales.
  • Le rice and curry et le kottu roti comptent parmi les plats les plus représentatifs du quotidien.
  • Des influences sud-indiennes, arabes, portugaises, néerlandaises et britanniques, superposées au fil de l'histoire commerciale de l'île.
  • Le thé de Ceylan reste la boisson la plus associée au pays, devant l'eau de coco et l'arrack.
  • Une cuisine qui se distingue de celle de ses voisins par l'usage particulièrement généreux du piment et de la noix de coco sous toutes ses formes.

Que manger au Sri Lanka ?

La gastronomie sri-lankaise s'organise autour de quelques grandes familles culinaires que l'on retrouve, sous des formes variées, dans presque tout le pays.

Le riz et les currys du quotidien

Le repas de base sri-lankais associe du riz à plusieurs currys préparés séparément : légumes, lentilles, poisson ou viande, chacun avec son propre équilibre d'épices. Cette combinaison, connue localement sous le nom de rice and curry, constitue l'ossature de la majorité des déjeuners et dîners du pays. Le riz utilisé varie selon les régions, du riz blanc parfumé au riz rouge local, plus riche en fibres, longtemps privilégié dans les foyers ruraux avant l'essor des variétés importées.

Les crêpes et galettes de riz

Une partie importante de la cuisine sri-lankaise repose sur des préparations à base de farine de riz fermentée, cuites en crêpes en forme de bol ou façonnées en fins vermicelles. Elles accompagnent aussi bien le petit-déjeuner que le dîner et se déclinent dans des versions sucrées comme salées, selon l'accompagnement choisi.

Les currys de poisson et de fruits de mer

Île entourée par l'océan Indien, le Sri Lanka fait une large place au poisson et aux fruits de mer, préparés en curry au lait de coco ou séchés et salés pour une conservation prolongée, une pratique héritée des communautés de pêcheurs côtières. Le poisson séché et salé, parfois réduit en poudre, sert également de base aromatique à de nombreux sambols et currys, y compris loin du littoral.

La cuisine de rue et les collations frites

Beignets de lentilles, en-cas frits et plats sautés à la plancha rythment les rues des villes sri-lankaises à toute heure de la journée, offrant une alternative rapide et abordable au repas assis. Ces préparations, vendues sur des étals mobiles ou de petites échoppes, constituent souvent le premier contact culinaire des voyageurs avec le pays.

Les sambols et condiments

Aucun repas sri-lankais ne se conçoit sans un ou plusieurs condiments à base de noix de coco râpée, de piment et d'oignon, servis en accompagnement pour relever et équilibrer le riz et les currys. Leur rôle dépasse celui d'un simple assaisonnement : ils apportent la touche piquante que le plat principal, souvent plus doux, ne contient pas toujours lui-même.

La cuisine végétarienne et les lentilles

Portée par les communautés hindoues et bouddhistes du pays, une cuisine entièrement végétarienne occupe une place importante, construite autour des lentilles, du jacquier et d'une grande variété de légumes locaux. Le curry de jacquier, dont la texture fibreuse rappelle celle de la viande effilochée une fois cuite, en constitue l'une des préparations les plus caractéristiques.

📍 La gastronomie du Sri Lanka en un coup d'œil

Style de cuisine Sud-asiatique, à base de riz, de curry et de noix de coco
Spécialités emblématiques Rice and curry, kottu roti, hoppers
Ingrédients dominants Riz, noix de coco, piment, poisson
Boisson traditionnelle Thé de Ceylan
Influences culinaires Sud-indienne, arabe, portugaise, néerlandaise, britannique
Diversité régionale Modérée
Horaires habituels des repas Déjeuner en milieu de journée, dîner en soirée
Particularité gastronomique L'usage combiné et systématique du piment et de la noix de coco

Ce profil reflète une cuisine construite sur un socle commun de riz, de curry et de noix de coco, mais dont l'intensité, les épices utilisées et les accompagnements varient sensiblement d'une région et d'une communauté à l'autre.

Les spécialités incontournables au Sri Lanka

Rice and curry

Le rice and curry désigne un repas complet composé de riz accompagné de plusieurs currys distincts, préparés séparément puis servis ensemble. C'est le plat qui structure l'essentiel des repas sri-lankais et qui sert de référence commune à l'ensemble de la cuisine du pays. Sa dimension emblématique tient précisément à son absence de recette fixe : chaque foyer, chaque région et chaque saison en propose une version différente, ce qui en fait moins un plat qu'un principe d'organisation du repas. Il associe généralement un curry de légumes, un curry de lentilles (parippu), un curry de poisson ou de viande, et un ou plusieurs sambols. Les épices utilisées, le degré de piquant et le choix des légumes varient fortement selon les ressources disponibles localement. Le rice and curry se trouve dans l'ensemble du pays, aussi bien dans les foyers que dans les petits restaurants populaires. Une déclinaison entièrement végétarienne, sans viande ni poisson, est très répandue et suit les mêmes principes de préparation.

Kottu roti

Le kottu roti est un plat de rue composé de pain roti sri-lankais découpé en fines lamelles puis sauté avec des légumes, des épices et, selon les versions, de l'œuf, du poulet ou d'autres viandes. Son statut emblématique tient à sa préparation spectaculaire : les cuisiniers hachent le roti directement sur une plaque chauffante à l'aide de deux couperts métalliques, produisant un martèlement rythmé caractéristique qui attire les passants. Le plat se distingue par sa texture, entre le moelleux du pain et le croquant des légumes sautés, relevée par une sauce épicée qui lie l'ensemble. Le kottu roti est originaire du sud du pays mais s'est largement répandu dans l'ensemble du Sri Lanka, où on le trouve aussi bien en street-food que dans les restaurants. Des variantes contemporaines associent le kottu à des ingrédients plus récents, sans remettre en cause la version traditionnelle qui reste la plus répandue.

Hoppers (appa)

Les hoppers, ou appa en cinghalais, sont de fines crêpes fermentées à base de farine de riz et de lait de coco, cuites dans un wok arrondi qui leur donne leur forme caractéristique en bol, croustillante sur les bords et moelleuse au centre. Ce mode de cuisson particulier, hérité d'un savoir-faire transmis dans les familles, distingue les hoppers des autres crêpes de riz consommées dans la région. La version la plus courante, l'egg hopper, comporte un œuf cuit directement au centre de la crêpe pendant la cuisson. Les hoppers accompagnent aussi bien un curry doux, un sambol de noix de coco que des préparations sucrées, ce qui en fait un plat aussi adapté au petit-déjeuner qu'au dîner. On les trouve dans tout le pays, des étals de rue aux tables familiales, où leur préparation quotidienne reste une habitude bien ancrée.

String hoppers (idiyappam)

Les string hoppers, appelés idiyappam, sont de fins vermicelles de riz pressés puis assemblés en petites galettes tressées avant d'être cuits à la vapeur. Leur texture légère et leur neutralité de goût en font un accompagnement particulièrement apprécié pour absorber les sauces des currys sans les dominer. Ce plat, hérité des échanges culinaires avec le Sud de l'Inde, est aujourd'hui pleinement intégré à l'identité sri-lankaise et se prépare selon un geste artisanal précis, la pâte de riz étant pressée à travers une filière avant cuisson. Les string hoppers sont traditionnellement servis au petit-déjeuner ou au dîner, accompagnés d'un curry de légumes, d'un sambol de noix de coco ou d'une sauce au lait de coco légèrement épicée appelée kiri hodi.

Pol sambol

Le pol sambol est un condiment à base de noix de coco fraîchement râpée, mélangée à du piment, de l'oignon et du jus de citron vert, parfois enrichie de petits poissons séchés et salés. Sa place centrale dans la cuisine sri-lankaise tient à sa présence quasi systématique aux côtés du riz, des hoppers ou du rice and curry, où il joue un rôle d'exhausteur de goût plutôt que de plat principal. Sa préparation reste simple mais son équilibre entre le piquant, l'acidité et la fraîcheur de la noix de coco varie sensiblement d'une famille à l'autre, chacune ayant ses propres proportions. Le pol sambol se retrouve dans l'ensemble du pays, à tous les repas de la journée, et constitue l'un des marqueurs gustatifs les plus immédiats de la cuisine locale pour un visiteur.

Lamprais

Le lamprais est un plat composé de riz cuit dans un bouillon de viande, accompagné d'un curry de viandes mélangées, de boulettes épicées, d'un pickle d'aubergine et d'un condiment à l'oignon caramélisé, le tout enveloppé dans une feuille de bananier puis cuit au four. Ce plat doit son importance à son origine singulière : il a été introduit par la communauté des Burghers, descendants des colons néerlandais installés sur l'île entre le XVIIe et la fin du XVIIIe siècle, qui l'ont élaboré en combinant des ingrédients locaux à des techniques héritées d'Indonésie, alors également sous influence néerlandaise. Le nom lamprais vient d'ailleurs du néerlandais lomprijst, qui désigne un paquet de nourriture. Sa préparation, longue et minutieuse, en fait traditionnellement un plat réservé aux grandes occasions familiales plutôt qu'à la consommation quotidienne. On le trouve aujourd'hui principalement dans les régions ayant conservé une présence historique de la communauté Burgher, notamment autour de Colombo.

Kiribath

Le kiribath est un riz cuit dans du lait de coco jusqu'à obtenir une texture compacte, puis découpé en losanges avant d'être servi. Sa préparation, simple sur le plan technique, tire son caractère emblématique de sa signification : le kiribath est traditionnellement le premier plat consommé lors d'occasions marquantes, notamment à l'occasion du Nouvel An cinghalais et tamoul, dont le déroulé complet relève de la page traditions du Sri Lanka. Servi avec un curry doux, un sambol de piment ou une confiture de fruits locaux, il se distingue par sa texture dense et légèrement collante, très différente de celle du riz consommé au quotidien. Bien qu'associé aux célébrations, le kiribath se consomme aussi en dehors de ces occasions, notamment au petit-déjeuner, dans une grande partie du pays.

💡 Idée reçue sur la gastronomie sri-lankaise

Contrairement à une idée répandue, la cuisine sri-lankaise ne se limite pas à une version simplement plus pimentée de la cuisine indienne : elle a développé ses propres plats, ses propres condiments et un usage de la noix de coco et du poisson séché qui lui sont spécifiques.

Les spécialités régionales au Sri Lanka

Si le socle du riz, du curry et de la noix de coco reste commun à l'ensemble du pays, plusieurs régions et communautés du Sri Lanka ont développé des identités culinaires suffisamment marquées pour être distinguées.

La cuisine tamoule de Jaffna

Dans la péninsule de Jaffna, au nord du pays, la cuisine tamoule hindoue se distingue par un usage plus marqué de la végétarianisation stricte, sans œuf ni viande dans de nombreux foyers, et par un mélange d'épices propre à la région, plus relevé et plus complexe que le curry en poudre utilisé dans le reste du pays. Cette cuisine, proche par ses racines de celle du Tamil Nadu voisin, a néanmoins évolué de façon distincte au contact des ingrédients et des usages sri-lankais, notamment autour des currys de crabe et de crevette. Les lentilles, les légumes et les préparations à base de riz y occupent une place centrale, tandis que les plats à base de viande ou de poisson, lorsqu'ils existent, sont réservés à des occasions particulières.

Les hautes terres et la région du thé

Dans les régions montagneuses du centre du pays, autour de Kandy et Nuwara Eliya, le climat plus frais et l'altitude ont façonné une cuisine qui privilégie les légumes locaux, les produits laitiers et des préparations moins directement liées au poisson que sur le littoral. C'est également dans ces mêmes hautes terres que se concentrent les grandes plantations de thé qui ont façonné le paysage et l'économie de la région ; le relief particulier qui explique ce climat et cette activité agricole est détaillé sur la page géographie du Sri Lanka. Les currys y sont généralement préparés avec des produits fraîchement récoltés, dans une tradition domestique restée largement artisanale.

La côte ouest et l'héritage colonial

Autour de Colombo et de Negombo, sur la côte ouest, la cuisine porte l'empreinte des passages successifs des puissances coloniales portugaise et néerlandaise, puis britannique. C'est dans cette région que s'est développée la cuisine de la communauté Burgher, dont le lamprais reste le représentant le plus connu, aux côtés de pâtisseries et de desserts d'inspiration européenne. Cette zone côtière, densément peuplée et longtemps ouverte au commerce international, concentre également une cuisine de fruits de mer particulièrement développée, associée à des influences culinaires venues d'Asie du Sud-Est par le biais des anciennes routes commerciales.

Le sud et l'héritage arabo-musulman

La communauté des Maures sri-lankais, descendante de marchands arabes installés sur l'île entre le VIIIe et le XVe siècle, puis rejointe par des vagues d'immigration malaise sous domination néerlandaise, a développé une cuisine propre particulièrement présente dans le sud et l'est du pays. Le watalappan, un flan dense au lait de coco, aux œufs et au sucre de kithul, parfumé à la cardamome, en constitue l'exemple le plus connu : longtemps réservé aux fêtes religieuses musulmanes comme la rupture du jeûne du ramadan, il s'est aujourd'hui diffusé à l'ensemble des communautés du pays comme dessert de célébration.

🍽️ Les horaires des repas au Sri Lanka

Petit-déjeuner Tôt le matin Hoppers, string hoppers ou kiribath, curry doux
Déjeuner Milieu de journée Rice and curry, souvent copieux
Dîner En soirée Rice and curry ou hoppers, plus léger que le déjeuner

Ces horaires restent des usages courants, qui peuvent varier selon les familles et les zones du pays.

Comment mange-t-on au Sri Lanka ?

À quelle heure mange-t-on ?

Le rythme alimentaire sri-lankais suit une structure classique en trois repas, avec un déjeuner généralement considéré comme le repas le plus consistant de la journée. Le petit-déjeuner est pris tôt, souvent avant le départ au travail ou à l'école, tandis que le dîner reste habituellement plus léger. Les écarts entre semaine et week-end restent limités, la structure des repas variant surtout selon les régions et les habitudes familiales plutôt que selon le jour de la semaine.

Comment se compose un repas ?

Un repas sri-lankais typique ne suit pas la logique occidentale d'entrée, plat et dessert : il se présente plutôt comme un ensemble de préparations servies simultanément autour du riz, qui en constitue l'élément central. Plusieurs currys, un ou deux sambols et parfois un plat de lentilles composent l'ensemble, chaque convive combinant les éléments selon son goût plutôt que de suivre un ordre de dégustation imposé.

Comment se déroule le repas ?

Dans de nombreux foyers, le repas se consomme traditionnellement avec la main droite, en mélangeant le riz et les currys directement dans l'assiette avant de porter la préparation à la bouche. Cette pratique, encore courante notamment dans les repas familiaux et les zones rurales, coexiste avec l'usage des couverts, plus répandu dans les restaurants urbains et les contextes plus formels. Le repas familial se prend généralement assis autour d'une table commune, chacun se servant dans les plats partagés.

Le petit-déjeuner, repas structurant de la journée

Le petit-déjeuner occupe une place particulièrement importante dans la culture alimentaire sri-lankaise, au point de rivaliser avec le déjeuner en termes de générosité. Hoppers, string hoppers, kiribath ou roti à la noix de coco y sont systématiquement accompagnés d'un curry ou d'un sambol, ce qui en fait un repas consistant et épicé plutôt qu'une collation rapide, à l'inverse des habitudes de nombreux pays occidentaux. Ce repas matinal, souvent préparé fraîchement chaque jour, reste l'un des moments où les habitudes culinaires familiales se transmettent le plus directement.

Boissons traditionnelles

Le thé de Ceylan

Cultivé dans les régions montagneuses du centre du pays depuis le milieu du XIXe siècle, le thé sri-lankais, commercialisé sous le nom historique de thé de Ceylan, est devenu l'une des boissons les plus consommées au quotidien dans le pays. Le thé noir domine largement la production locale et se consomme traditionnellement chaud, sucré et allongé de lait préalablement chauffé. Le pays reste aujourd'hui l'un des tout premiers exportateurs mondiaux de thé, une activité qui a profondément structuré l'économie et le paysage des hautes terres.

L'arrack de noix de coco

L'arrack sri-lankais est un alcool distillé à partir de la sève fermentée des fleurs de cocotier, récoltée par des grimpeurs spécialisés appelés toddy tappers. Cette sève, appelée toddy, fermente naturellement en quelques heures avant d'être distillée puis vieillie en fûts de bois local. L'arrack se consomme traditionnellement pur, sur glace, ou allongé d'eau gazeuse, de bière au gingembre ou de jus de citron vert. Sa production reste artisanale et strictement encadrée par la maturation en fûts, qui lui confère une partie de son caractère.

L'eau de coco et le thambili

L'eau de la noix de coco jeune, particulièrement celle du thambili, une variété locale à la coque orangée, se consomme fraîche et directement dans le fruit, notamment le long des routes et sur les marchés. Boisson non alcoolisée la plus répandue du pays après le thé, elle constitue une réponse naturelle à la chaleur tropicale et accompagne aussi bien un repas de rue qu'une pause en pleine journée. Avant distillation, la sève fraîche du cocotier se consomme aussi telle quelle sous le nom de toddy, une boisson légèrement fermentée et peu alcoolisée, vendue localement mais rarement présente dans les circuits commerciaux plus larges en raison de sa courte durée de conservation.

⚖️ Comparer la gastronomie du Sri Lanka

La cuisine sri-lankaise partage avec celle du Sud de l'Inde, notamment du Kerala et du Tamil Nadu, une base commune de riz, de noix de coco et de currys épicés, héritée de siècles d'échanges à travers le détroit de Palk. Les deux cuisines diffèrent toutefois par leur intensité : le piment et la noix de coco y sont employés de façon encore plus systématique qu'en Inde du Sud, et le pays a développé des plats propres comme le kottu roti ou le lamprais, absents de la cuisine indienne. Cette proximité, sans confusion, situe le Sri Lanka dans la continuité d'une aire culinaire sud-asiatique tout en conservant une identité distincte.

Produits, marchés et terroirs

La cannelle de Ceylan

Le Sri Lanka est le principal producteur et exportateur mondial de cannelle véritable, cultivée à partir de l'écorce interne du cannelier Cinnamomum verum. Reconnue pour son goût plus délicat et floral que la cannelle de Chine (cassia), la cannelle de Ceylan bénéficie depuis 2022 d'une indication géographique protégée au niveau de l'Union européenne, qui reconnaît officiellement son origine et ses caractéristiques propres au territoire sri-lankais. Elle demeure l'une des épices les plus anciennement associées à l'île, dont le commerce a façonné une partie de son histoire.

La noix de coco, omniprésente

Le cocotier occupe une place centrale dans l'agriculture et la cuisine sri-lankaises : sa chair fournit le lait et la noix râpée utilisés dans une grande partie des currys et des sambols, tandis que sa sève est à l'origine du toddy et de l'arrack. Cette omniprésence, visible dans le paysage comme dans l'assiette, explique la texture onctueuse qui caractérise une large part de la cuisine du pays.

Le kithul et les sucres traditionnels

La sève extraite de l'inflorescence du kithul, un palmier local, est réduite par ébullition pour donner un sirop appelé treacle, ou davantage réduite encore pour former un sucre solide, le jaggery. Ce sirop ambré, au goût proche du caramel, accompagne traditionnellement le curd, un yaourt épais à base de lait de bufflonne, dans l'un des desserts les plus répandus du pays. Il sert également à sucrer le thé ou à préparer certaines pâtisseries consommées lors du Nouvel An.

Les marchés d'épices

Les marchés locaux, en particulier dans les zones productrices des régions centrales et méridionales, concentrent une offre dense de piment, de cardamome, de clou de girofle et de cannelle fraîchement récoltés. La visite de ces marchés et des exploitations d'épices figure parmi les expériences les plus recherchées par les voyageurs souhaitant découvrir concrètement l'origine des produits utilisés en cuisine, un aspect développé sur la page activités au Sri Lanka.

Questions fréquentes

- Que mangent les Sri-Lankais le soir ?

Le dîner reprend généralement les mêmes bases que le déjeuner, rice and curry ou hoppers accompagnés d'un sambol, mais dans des portions habituellement plus légères. Il est pris en soirée, en famille, et suit rarement une structure très différente du reste de la journée.

- Quelle boisson accompagne traditionnellement les repas ?

Le thé reste la boisson la plus consommée au quotidien, souvent en dehors des repas eux-mêmes plutôt qu'à table. L'eau plate ou l'eau de coco accompagnent plus couramment le repas lui-même, tandis que l'arrack se réserve davantage aux occasions sociales.

- Quel produit local rapporter du Sri Lanka ?

La cannelle de Ceylan et le thé noir figurent parmi les produits les plus représentatifs du pays, tous deux issus de filières agricoles anciennes et reconnues à l'international pour leur qualité.

- La cuisine végétarienne est-elle facile à trouver au Sri Lanka ?

Oui : la présence de communautés hindoues et bouddhistes a développé une offre végétarienne large et ancienne, en particulier dans le nord du pays et dans les temples, où des repas entièrement sans viande ni poisson sont couramment proposés.

- Quelles sont les principales influences de la cuisine sri-lankaise ?

Le Sud de l'Inde constitue l'influence culinaire la plus ancienne et la plus profonde, à laquelle se sont ajoutés des apports arabes, portugais, néerlandais et britanniques, chacun ayant laissé des ingrédients, des techniques ou des plats spécifiques dans la cuisine actuelle.

- Le kottu roti est-il la même chose que le roti indien ?

Non : si le nom fait référence au pain roti d'origine sud-asiatique, le kottu roti est une préparation propre au Sri Lanka, où le pain est haché et sauté sur une plaque avec des légumes et des épices, une technique qui n'a pas d'équivalent direct en Inde.

- Les spécialités sri-lankaises sont-elles disponibles hors des grandes villes ?

Les plats de base comme le rice and curry, les hoppers ou le pol sambol se retrouvent dans l'ensemble du pays, y compris en zone rurale, où ils sont souvent préparés de façon plus artisanale que dans les restaurants urbains.

À retenir — La gastronomie du Sri Lanka repose sur un socle commun de riz, de noix de coco et d'épices, décliné différemment selon les régions et les communautés du pays. Le rice and curry, les hoppers et le kottu roti en constituent les expressions les plus quotidiennes, tandis que le lamprais témoigne de l'empreinte laissée par la communauté Burgher. Cette cuisine, marquée par un usage particulièrement généreux du piment et de la noix de coco, se distingue de celle du Sud de l'Inde dont elle est pourtant historiquement proche, et trouve dans le thé de Ceylan et la cannelle deux de ses produits les plus reconnus à l'international.

Sources et vérification éditoriale

  • Sri Lanka Export Development Board, informations sur la production et la distillation de l'arrack de noix de coco, page dédiée aux boissons alcoolisées du Sri Lanka, consulté en août 2026.
  • Sri Lanka Export Development Board, communiqué sur l'obtention de l'indication géographique protégée pour la cannelle de Ceylan, avril 2022, consulté en août 2026.
  • Wikipédia, article « Lamprais », sur l'origine du plat au sein de la communauté Burgher, article « Cuisine srilankaise », pour les grandes lignes des influences culinaires du pays, article « Thé au Sri Lanka », sur l'histoire et la place du thé de Ceylan. article « Cuisine tamoule », pour les caractéristiques de la cuisine tamoule et sa déclinaison sri-lankaise, page consultée en août 2026.
  • Wikipédia, article « Maures sri-lankais », sur l'origine et l'installation de cette communauté sur l'île, page consultée en août 2026.

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