Traditions en Irak

Berceau des civilisations mésopotamiennes, l'Irak est aussi le pays où se croisent certaines des traditions les plus anciennes et les plus vivantes du Moyen-Orient. Villes saintes du chiisme, fêtes de printemps héritées du zoroastrisme, communautés chrétiennes et yézidies aux calendriers propres : le patrimoine festif et coutumier irakien reflète une mosaïque religieuse et ethnique rarement égalée dans la région.

Ce patrimoine prend des formes très diverses. Certaines traditions sont des fêtes religieuses qui rassemblent des millions de personnes autour de rituels de deuil ou de pèlerinage. D'autres sont des coutumes plus discrètes, transmises en famille : rites de passage liés au mariage ou à la naissance, savoir-faire artisanaux légués de génération en génération, jeux et veillées qui rythment certaines périodes de l'année. Cette diversité tient autant à l'histoire millénaire du pays qu'à la pluralité de ses communautés.

Les sections suivantes détaillent ces traditions une à une : leur origine, leur signification et la manière dont elles continuent d'être pratiquées aujourd'hui, des villes saintes du sud aux montagnes du Kurdistan irakien.

⚡ Comprendre les traditions en Irak en 30 secondes

  • Patrimoine dominant : religieux (islam chiite et sunnite), enrichi d'un héritage préislamique kurde, assyro-chaldéen et yézidi
  • Fêtes emblématiques : l'Achoura, l'Arbaïn et Newroz
  • 14 éléments irakiens inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO (2025)
  • Un jeu populaire unique, le Mheibes, anime les nuits du ramadan dans tout le pays
  • Diversité régionale forte, entre le sud chiite, le Kurdistan autonome et les communautés chrétiennes et yézidies du nord

Quelles sont les traditions en Irak ?

Les grandes fêtes religieuses

La majorité des traditions irakiennes s'organisent autour du calendrier islamique. La communauté chiite, majoritaire dans le pays, célèbre des commémorations de deuil d'une ampleur mondiale, comme l'Achoura et l'Arbaïn, tandis que sunnites et chiites partagent les deux grandes fêtes musulmanes de l'Aïd. Les communautés chrétiennes d'Irak observent par ailleurs leur propre calendrier liturgique.

Les fêtes de printemps et l'héritage préislamique

Au nord du pays, plusieurs communautés célèbrent l'arrivée du printemps selon des traditions bien antérieures à l'islam. Newroz chez les Kurdes, Kha b-Nisan chez les Assyro-Chaldéens ou Çarşema Sor chez les Yézidis puisent dans un fond commun de croyances mésopotamiennes et zoroastriennes.

Les rites de passage et la vie de famille

Le mariage, la naissance et le deuil s'accompagnent en Irak de coutumes précises : nuit du henné, dot négociée entre familles, rassemblements de condoléances. Ces rites structurent la vie sociale bien plus que les grandes fêtes publiques.

Les jeux et veillées collectives

Certaines pratiques sociales, sans dimension religieuse, tiennent une place tout aussi importante dans l'identité irakienne. Le Mheibes, jeu de la bague pratiqué pendant les nuits du ramadan, en est l'exemple le plus populaire.

Les savoir-faire artisanaux transmis

De la culture du palmier dattier à la construction des maisons de roseaux des marais du sud, plusieurs savoir-faire séculaires continuent d'être transmis au sein des familles et des communautés artisanales.

Une reconnaissance internationale croissante

Depuis 2008, l'UNESCO a inscrit quatorze éléments irakiens sur sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, signe d'une reconnaissance grandissante de la richesse et de la fragilité de ce patrimoine.

📅 Le calendrier des traditions de l'Irak en un coup d'œil

Période Fêtes ou traditions dominantes Signification de la période
Fin février Fête de Khidr Elias Expression de vœux auprès d'une figure sacrée
Mois de Mouharram (date lunaire mobile) Achoura Deuil de l'imam Hussein à Najaf et Kerbala
20 Safar (date lunaire mobile) Arbaïn Marche de pèlerinage vers Kerbala
21 mars Newroz Nouvel An kurde et arrivée du printemps
1er avril Kha b-Nisan Nouvel An assyro-chaldéen
Premier mercredi après le 13 avril Çarşema Sor Nouvel An yézidi à Lalish
Ramadan (mois lunaire mobile) Mheibes, veillées nocturnes Convivialité pendant le jeûne
Fin du Ramadan et 10e mois lunaire (dates mobiles) Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha Grandes fêtes musulmanes nationales
Décembre Noël des communautés chrétiennes Fête liturgique chez les Assyro-Chaldéens

Les fêtes du calendrier islamique — Achoura, Arbaïn, Ramadan et les deux Aïd — suivent un calendrier lunaire et reculent d'environ onze jours chaque année solaire, tandis que les fêtes de printemps kurde, assyro-chaldéenne et yézidie restent fixées, elles, autour de l'équinoxe. Ce chevauchement entre calendriers explique la densité particulière du printemps irakien, souvent marqué par plusieurs nouvel an successifs selon les communautés.

📍 Les traditions de l'Irak en un coup d'œil

Information Valeur
Type de patrimoine dominant Religieux (islam chiite et sunnite), avec un héritage préislamique kurde, assyro-chaldéen et yézidi
Fêtes emblématiques Achoura, Arbaïn, Newroz
Patrimoine immatériel UNESCO Oui, 14 éléments inscrits (année de référence 2025)
Période la plus festive Automne (Mouharram-Safar) et printemps (mars-avril)
Influence religieuse dominante Islam, majoritairement chiite, avec une minorité sunnite et des communautés chrétiennes, yézidies et mandéennes
Transmission Familiale, communautaire et confrérique (écoles religieuses, associations artisanales)
Diversité régionale Forte

Ce profil traduit un pays où les grandes commémorations religieuses cohabitent avec des traditions communautaires beaucoup plus localisées. La diversité régionale forte tient à la coexistence, sur un même territoire, du sud chiite tourné vers Najaf et Kerbala, du Kurdistan autonome et des poches assyro-chaldéennes et yézidies du nord, chacune porteuse d'un calendrier festif distinct.

Les fêtes et traditions incontournables en Irak

L'Achoura et le deuil de Mouharram à Najaf et Kerbala

L'Achoura commémore, le dixième jour du mois de Mouharram, la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, tué en 680 lors de la bataille de Kerbala contre les troupes du calife omeyyade Yazid. Pour la communauté chiite, largement majoritaire en Irak, cet épisode fondateur est devenu un symbole de sacrifice face à l'injustice. Chaque année, des centaines de milliers de fidèles convergent vers les mausolées de l'imam Hussein et de son frère Abbas à Kerbala, où se déroulent prières, récits de la bataille et processions de deuil collectif, rythmées par des chants funèbres. Les rues se couvrent de bannières noires et des bénévoles distribuent nourriture et eau aux pèlerins. Interdites sous certaines périodes du XXe siècle, ces commémorations se tiennent aujourd'hui à grande échelle. Elles font de Najaf et Kerbala deux des villes les plus saintes du monde chiite, un statut qui structure une part importante de l'identité religieuse du pays.

La marche de l'Arbaïn vers Kerbala

Quarante jours après l'Achoura, l'Arbaïn marque la fin de la période de deuil traditionnelle. Des millions de pèlerins, irakiens et étrangers, parcourent alors à pied les routes menant à Kerbala, un trajet qui peut durer de quatre à douze jours selon le point de départ. Ce pèlerinage compte parmi les plus grands rassemblements religieux au monde. Son inscription par l'UNESCO en 2019 distingue moins la marche elle-même que les services et l'hospitalité qui l'accompagnent : le long du parcours, familles et volontaires ouvrent gratuitement leurs maisons, distribuent repas et boissons et offrent un abri aux marcheurs. Cette générosité collective, ancrée dans la tradition arabe et irakienne de l'hospitalité, prolonge une valeur sociale plus largement développée sur la page consacrée à la culture de l'Irak. L'événement se déroule autour du vingtième jour du mois de Safar, dans le centre et le sud du pays.

Les fêtes de l'Aïd al-Fitr et de l'Aïd al-Adha

Comme dans l'ensemble du monde musulman, l'Aïd al-Fitr marque la rupture du jeûne du ramadan et l'Aïd al-Adha commémore le sacrifice d'Abraham. Ces deux fêtes, observées par les communautés sunnite et chiite du pays, donnent lieu à des prières collectives, des visites familiales et à la préparation de pâtisseries traditionnelles, dont le kleicha, biscuit fourré aux dattes considéré comme la pâtisserie nationale irakienne et détaillé sur la page dédiée à la gastronomie de l'Irak. À la différence des commémorations chiites du deuil de Mouharram, ces deux Aïd rassemblent l'ensemble des musulmans du pays autour d'un temps de joie partagée, sans dimension funéraire.

Le Mheibes, le jeu de la bague des veillées de ramadan

Né selon la tradition orale dans le Bagdad ottoman du XVIe siècle, le Mheibes est un jeu d'équipe qui anime les nuits du ramadan dans tout le pays. Une équipe dissimule une bague au creux de la main de l'un de ses membres pendant qu'un adversaire, scrutant l'attitude et le regard de chacun, doit deviner qui la détient. Près de 400 équipes s'affrontent chaque année dans des tournois qui rassemblent des milliers de spectateurs, notamment à Bagdad. Ce qui distingue le Mheibes des autres traditions irakiennes, c'est sa capacité à réunir, au-delà des appartenances confessionnelles, des joueurs venus de quartiers et de régions très différents autour d'une même passion populaire, transmise de génération en génération au sein des familles.

Newroz, le Nouvel An kurde au Kurdistan irakien

Newroz, littéralement « nouveau jour », marque le début du printemps le 21 mars selon un récit ancien : celui du forgeron Kawa, qui aurait libéré son peuple d'un tyran en allumant un feu au sommet d'une montagne. Cette légende, d'origine préislamique et liée au zoroastrisme, fait de Newroz la fête la plus importante de l'année pour les Kurdes d'Irak. Dans les montagnes qui entourent des villes comme Souleimaniyeh ou Akré, familles et amis se réunissent en tenue traditionnelle autour de grands feux, dansent, partagent un pique-nique et transmettent aux plus jeunes chants et légendes. Célébrée aussi bien par les communautés musulmanes que chrétiennes du Kurdistan, la fête se distingue des grandes commémorations religieuses du reste du pays par son caractère avant tout culturel et communautaire.

La fête de Khidr Elias et l'expression des vœux

Chaque année en février, les communautés irakiennes honorent Al-Khidr, une figure sainte censée, selon des croyances anciennes, exaucer les vœux de ceux qui l'invoquent. Dans le nord du pays, les familles se rassemblent pendant les trois derniers jours du mois sur une colline où serait situé son sanctuaire, revêtent des habits traditionnels et exécutent la dabkka. Dans le centre, notamment à Bagdad, les fidèles se rendent sur les rives du Tigre, où se trouverait un autre sanctuaire d'Al-Khidr : ils y apportent sucre, sel, henné et feuilles de myrte, puis lancent à la nuit tombée des bougies allumées sur des morceaux de bois pour formuler leurs vœux. Inscrite par l'UNESCO en 2016, cette fête est également célébrée par les communautés yézidies et turkmènes d'Irak, ce qui en fait l'une des rares traditions partagées par plusieurs confessions du pays.

Kha b-Nisan, le Nouvel An assyro-chaldéen

Célébré le 1er avril, Kha b-Nisan (« premier jour de nisan ») est le Nouvel An des Assyro-Chaldéens, communauté chrétienne originaire de Mésopotamie aujourd'hui concentrée dans le nord de l'Irak. La fête puise ses racines dans l'antique Akitu, célébration du renouveau printanier pratiquée par les civilisations sumérienne, babylonienne et assyrienne il y a plus de quatre mille ans. Devenus chrétiens dès les premiers siècles de notre ère, les Assyro-Chaldéens en ont conservé la symbolique de renaissance tout en abandonnant les rites polythéistes d'origine. Aujourd'hui, la fête se traduit par des défilés en costume traditionnel, des pique-niques en famille et des rassemblements communautaires, en Irak comme dans la diaspora. Ce qui la distingue est son ancienneté revendiquée : les Assyro-Chaldéens comptent les années depuis 4750 avant notre ère, faisant de Kha b-Nisan l'une des plus anciennes fêtes encore célébrées au monde.

Çarşema Sor, le Nouvel An yézidi à Lalish

Le premier mercredi suivant le 13 avril, les Yézidis célèbrent Çarşema Sor (« Mercredi rouge »), leur Nouvel An, qui commémore selon leur tradition l'achèvement de la création du monde. Ce jour-là, les familles se lèvent tôt, revêtent leurs plus beaux habits et décorent l'entrée de leurs maisons de fleurs. Le cœur de la célébration se déroule au temple de Lalish, dans la province de Ninive, lieu le plus sacré du yézidisme, où des milliers de pèlerins se rassemblent pour allumer 365 bougies symbolisant la victoire de la lumière sur les ténèbres. Ce qui distingue Çarşema Sor des autres nouvel an du pays est son ancrage exclusif dans un site unique : contrairement à Newroz ou Kha b-Nisan, célébrés dans de nombreux foyers, cette fête reste indissociable du pèlerinage à Lalish, considéré par les Yézidis comme le lieu d'origine du monde.

💡 Idée reçue sur les traditions en Irak

On pense souvent que les fêtes traditionnelles irakiennes sont uniquement d'origine islamique. En réalité, plusieurs des célébrations les plus vivantes du pays Newroz, Kha b-Nisan ou Çarşema Sor sont antérieures à l'islam de plusieurs millénaires et restent portées aujourd'hui par les communautés kurdes, assyro-chaldéennes et yézidies.

Rites, coutumes et transmission en Irak

La nuit du henné et les rites du mariage irakien

Le mariage traditionnel irakien se déroule en plusieurs étapes : la demande officielle, les fiançailles, puis la nuit du henné, veillée réunissant les femmes de la famille autour de la future mariée, dont les mains et les pieds sont ornés de motifs censés porter protection et bonne fortune. Cette pratique, inscrite par l'UNESCO en 2024 dans un dossier partagé avec plusieurs pays de la région, transmet aux jeunes générations un rite de passage entre le statut de fiancée et celui d'épouse. Le jour du mariage lui-même s'achève par la zaffa, procession musicale marquant l'entrée des époux, tandis que la dot négociée entre les deux familles demeure la propriété exclusive de l'épouse. Largement pratiquée encore aujourd'hui, cette séquence rituelle varie dans ses détails selon les régions et les communautés du pays.

Le mudhif, la maison de roseaux et l'hospitalité des Ahwars

Dans les marais du sud de l'Irak, les Ma'dan, ou Arabes des marais, construisent depuis des siècles le mudhif, grand bâtiment voûté fait de roseaux et de papyrus, sans clou ni fixation métallique. Ce lieu de rassemblement communautaire accueille mariages, cérémonies religieuses et règlements de différends sous l'autorité d'un chef de tribu. Sa construction et son entretien sont considérés comme un devoir envers la communauté, et le savoir-faire qui le sous-tend se transmet aux plus jeunes par la pratique. Inscrit par l'UNESCO en 2023, l'artisanat du mudhif reste largement pratiqué aujourd'hui dans les zones humides du sud, malgré les menaces qui ont pesé sur ces marais et leurs habitants au cours des dernières décennies.

Les rites funéraires et le deuil familial

Au-delà des grandes commémorations religieuses, le deuil d'un proche suit en Irak des usages précis : rassemblements de condoléances au domicile de la famille, lecture de la Fatiha et visites échelonnées sur plusieurs jours. Chez les chiites, la coutume veut que le deuil d'un proche s'étende symboliquement sur quarante jours, en écho au rythme même de l'Arbaïn observé pour l'imam Hussein. Ces pratiques, transmises oralement au sein des familles, demeurent aujourd'hui largement respectées dans l'ensemble du pays, avec des variantes selon les régions et les confessions.

Les savoir-faire artisanaux transmis de génération en génération

Plusieurs savoir-faire irakiens, reconnus par l'UNESCO ces dernières années, continuent d'être transmis au sein de familles d'artisans. La culture du palmier dattier, dont les connaissances et pratiques ont été inscrites en 2022 dans un dossier partagé avec treize autres pays arabes, structure encore l'agriculture et l'artisanat du sud du pays. Sur les rives de l'Euphrate, la fabrication de la roue à eau traditionnelle, l'Al-Naoor, se transmet elle aussi par la famille et l'éducation formelle, et sa mise en service donne lieu à des célébrations en poésie et en musique. Enfin, la gravure sur métaux précieux, inscrite en 2023, perpétue un art décoratif ancien dans les ateliers du pays.

⚖️ Comparer les traditions de l'Irak

L'Irak et l'Iran partagent l'héritage préislamique de Newroz, fête du feu et du renouveau printanier. Mais son statut diffère fortement : en Iran, Nowruz est le jour de l'an officiel du calendrier civil, fête nationale de treize jours célébrée par l'ensemble de la population. En Irak, Newroz reste avant tout porté par la minorité kurde du nord, sans constituer le nouvel an de l'ensemble du pays, où coexistent plusieurs calendriers festifs selon les communautés.

Musique et danses traditionnelles d'Irak

Le maqâm irakien, art savant transmis oralement

Considéré comme la principale tradition musicale savante du pays, le maqâm irakien associe un chant improvisé, inspiré de la poésie arabe classique et populaire, à un petit orchestre appelé tshalghi, composé notamment du santour, du jawzah et du daff. Cette tradition, transmise oralement de maître à élève depuis l'époque abbasside, se pratique traditionnellement dans des cercles privés, des cafés et des théâtres de Bagdad, Mossoul ou Kirkouk. Inscrite par l'UNESCO dès 2008, elle demeure un ciment identitaire fort pour les Irakiens, même si le nombre de maîtres capables de la transmettre diminue aujourd'hui.

La dabké et les danses collectives

Dansée en ligne ou en cercle, la dabké et ses variantes régionales rythment fêtes de village, mariages et célébrations comme celle de Khidr Elias. Chaque région du pays en conserve ses propres pas et ses propres chants, transmis lors des rassemblements familiaux plutôt qu'enseignés formellement.

Le zuhairi, la poésie populaire chantée

Le zuhairi désigne une forme de poésie orale en dialecte irakien, souvent improvisée, qui accompagne les récitals de maqâm ou se pratique lors de veillées entre proches. Cette tradition littéraire orale, transmise de génération en génération, continue de nourrir l'identité culturelle du pays au même titre que sa musique.

Costumes traditionnels d'Irak

Le dishdasha et le bisht, habits masculins

Le dishdasha, longue robe le plus souvent blanche, reste porté au quotidien dans certaines régions et lors des grandes occasions dans les villes. Il s'accompagne parfois du bisht, cape d'apparat réservée aux cérémonies, ainsi que d'un foulard de tête maintenu par un cordon noir, l'agal.

L'abaya et les robes brodées féminines

Chez les femmes, l'abaya, longue cape sombre portée par-dessus les vêtements, coexiste avec des robes brodées aux couleurs vives, réservées aux fêtes familiales et aux célébrations comme la nuit du henné, dont les motifs varient selon les régions du pays.

Les costumes régionaux : Kurdistan, marais et minorités

Le Kurdistan irakien se distingue par des tenues aux couleurs vives, associant vestes courtes et ceintures ornées, portées notamment lors de Newroz. Les Arabes des marais du sud et les communautés turkmènes et assyro-chaldéennes du nord conservent, elles aussi, des habits traditionnels propres, portés en particulier à l'occasion des fêtes qui leur sont propres.

🙏 Assister en visiteur respectueux

Les grandes commémorations religieuses irakiennes, comme l'Achoura ou l'Arbaïn, se vivent d'abord dans le recueillement : il convient d'observer avant de se mêler aux processions, de s'habiller avec sobriété et de demander l'autorisation avant de photographier des pèlerins en deuil. Dans les lieux sacrés d'autres communautés, comme le temple de Lalish, la coutume locale veut que l'on retire ses chaussures et que l'on évite de marcher sur le seuil de pierre à l'entrée. Ce sont des règles de respect envers le sens profond que ces rituels revêtent pour ceux qui les pratiquent, bien plus que des consignes de visite.

Questions fréquentes

- Quelle est la meilleure période pour observer les traditions en Irak ?

Le printemps, entre mars et avril, concentre plusieurs fêtes majeures : Newroz, Kha b-Nisan et Çarşema Sor. L'automne, autour des mois de Mouharram et Safar, est en revanche la période de l'Achoura et de l'Arbaïn, deux commémorations chiites d'ampleur mondiale.

- Les enfants peuvent-ils assister aux fêtes traditionnelles irakiennes ?

Les fêtes familiales comme Newroz, Çarşema Sor ou les deux Aïd sont largement ouvertes aux enfants, qui y participent activement. Les grandes commémorations de deuil comme l'Achoura, en revanche, se vivent dans une atmosphère plus grave, moins adaptée aux jeunes enfants.

- La barrière de la langue est-elle un problème pour comprendre les traditions locales ?

L'arabe et le kurde dominent selon les régions, avec des variantes assyriennes et turkmènes dans certaines communautés. Un visiteur non arabophone pourra néanmoins observer la plupart des fêtes publiques, l'essentiel de leur sens passant par les gestes, les costumes et les rituels plus que par la parole.

- Les traditions irakiennes varient-elles selon les régions ?

Oui, fortement. Le sud chiite, tourné vers Najaf et Kerbala, le Kurdistan autonome et les communautés chrétiennes et yézidies du nord suivent chacun un calendrier festif largement distinct, reflet de la diversité religieuse et ethnique du pays.

- Les traditions d'Irak ont-elles une dimension religieuse ou laïque ?

Les deux coexistent. La majorité des grandes fêtes du pays, comme l'Achoura ou les deux Aïd, sont religieuses, mais des traditions comme le Mheibes ou certains rites de mariage relèvent de pratiques sociales sans caractère confessionnel marqué.

- L'Irak compte-t-il des éléments reconnus par l'UNESCO ?

Oui, l'Irak comptait quatorze éléments inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2025, parmi lesquels le maqâm irakien, l'Arbaïn, le mudhif ou la fête de Khidr Elias.

- Peut-on assister à l'Achoura ou à l'Arbaïn en tant que visiteur non-musulman ?

Des non-musulmans, y compris des chrétiens, des yézidis ou des sabéens-mandéens, prennent traditionnellement part aux commémorations de l'Arbaïn aux côtés des pèlerins chiites. La discrétion et le respect du caractère recueilli de ces rassemblements restent toutefois essentiels.

À retenir

L'Irak réunit sur un même territoire des traditions parmi les plus anciennes du monde, comme Kha b-Nisan, et des commémorations religieuses parmi les plus suivies de la planète, comme l'Arbaïn. Cette richesse tient à la coexistence de communautés chiite, sunnite, kurde, assyro-chaldéenne et yézidie, chacune porteuse de fêtes, de rites et de savoir-faire qui lui sont propres. Au-delà des grandes commémorations, des pratiques plus discrètes comme le Mheibes, la nuit du henné ou l'artisanat des marais du sud témoignent d'un patrimoine vivant, transmis avant tout au sein des familles et des communautés locales.

Sources, références et vérification éditoriale

  • UNESCO, Secteur du patrimoine culturel immatériel — page état de l'Irak (liste des éléments inscrits)
  • UNESCO — fiches « Le maqâm iraquien » (2008), « Les services et l'hospitalité offerts pendant la visite de l'Arba'in » (2019), « La fête de Khidr Elias et l'expression des vœux » (2016), « L'artisanat et les arts traditionnels de la construction liés au mudhif » (2023), « Traditional craft skills and arts of Al-Naoor » (2021) et « Les connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier » (2022)
  • Wikipédia — « Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en Irak » (état 2025, 14 éléments) et « Arbaïn »
  • Institut kurde de Paris — « Newroz, le Nouvel An kurde »
  • Observatoire Patrimoine d'Orient — « Noruz, jour de fierté au Kurdistan irakien »
  • Bibliomonde — « 1er avril : le nouvel an assyrien, la plus ancienne fête du monde »
  • Wikipédia (édition anglaise) — « Kha b-Nisan » et « Yazidi New Year »
  • France 24 / AFP — « À Bagdad, le jeu de la bague enflamme les soirées du ramadan », mars 2025
  • 196 Flavors — « Kleicha, recette traditionnelle irakienne », recette validée par Nawal Nasrallah, auteure de Delights from the Garden of Eden
  • Consulté le 18 septembre 2026

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