Culture du Brésil

 

Le Brésil est souvent perçu à travers quelques images fortes le Carnaval, le football, les plages mais sa culture est en réalité le produit d'un métissage unique entre héritages portugais, africains et amérindiens, façonné par l'immensité d'un territoire-continent. Comprendre cette culture, c'est saisir comment ces influences se sont combinées pour donner naissance à une société à la fois profondément unie par la langue et la religiosité, et traversée par de fortes variations régionales. Ce guide de voyage du Brésil permet d'aborder l'ensemble des facettes du pays ; cette page se concentre sur son identité culturelle.

Trois traits structurent durablement cette identité : une religiosité omniprésente qui organise le calendrier social autant que les repères moraux, un rapport au corps et à la musique qui fait office de langage commun entre les classes sociales, et une convivialité qui se traduit par une vie sociale intense, tournée vers l'extérieur et le collectif. À cela s'ajoute une diversité régionale considérable : la culture du Nordeste, marquée par l'héritage africain, diffère sensiblement de celle du Sud, façonnée par l'immigration européenne, ou de celle de l'Amazonie, en lien étroit avec les peuples autochtones.

Les sections suivantes détaillent ces différentes dimensions : les valeurs qui structurent la société brésilienne, ses principales expressions artistiques, ses symboles nationaux, les codes observables au quotidien, ainsi que les influences historiques qui continuent de façonner la culture actuelle.

⚡ Comprendre la culture au Brésil en 30 secondes

  • Une identité forgée par le métissage entre héritages portugais, africains et amérindiens.
  • Une religiosité forte, mais de plus en plus partagée entre catholicisme, évangélisme et cultes afro-brésiliens.
  • La musique et le corps comme véritables langages sociaux communs à tout le pays.
  • Une société marquée par la convivialité et une vie sociale tournée vers l'extérieur.
  • Des identités régionales marquées, entre Nordeste, Sud, Amazonie et Sudeste.

Comment est la culture au Brésil ?

Un pays façonné par le métissage

La culture brésilienne s'est construite sur la rencontre, souvent violente, entre les colons portugais, les populations amérindiennes déjà présentes sur le territoire et les Africains réduits en esclavage à partir du XVIe siècle. Ce métissage n'est pas qu'un fait historique : il structure encore aujourd'hui la langue, la religion, la musique et la cuisine du pays, et constitue le point de départ de toute compréhension de l'identité brésilienne.

Une identité culturelle plurielle selon les régions

Le Brésil est un pays-continent où les influences fondatrices ne se sont pas réparties uniformément. L'héritage africain domine dans le Nordeste, l'héritage européen marque fortement le Sud, tandis que le Nord reste plus proche des cultures amérindiennes. Cette diversité régionale n'empêche pas une forte identité nationale commune, portée notamment par la langue et le football.

La religiosité, une composante structurante de la vie sociale

La foi occupe une place centrale dans la société brésilienne, qu'elle soit catholique, évangélique ou afro-brésilienne. Elle influence le calendrier social, les repères moraux et une grande partie de la vie associative locale, bien au-delà de la seule pratique religieuse.

La musique et le corps comme langages culturels

Peu de pays accordent une place aussi centrale à la musique et à la danse dans la vie quotidienne. Elles fonctionnent comme un langage commun, capable de rassembler des populations que séparent parfois de fortes inégalités sociales.

La convivialité, valeur cardinale de la société brésilienne

La vie sociale brésilienne se construit largement à l'extérieur du foyer : rues, plages, terrasses et places publiques sont des lieux de sociabilité permanente. Cette convivialité, souvent résumée par le terme calor humano, constitue l'un des traits culturels les plus fréquemment cités par les visiteurs.

Un patrimoine artistique et architectural reconnu

Du baroque colonial de Minas Gerais à l'architecture moderniste de Brasília, le Brésil possède un patrimoine culturel qui traverse plusieurs siècles et courants artistiques, aujourd'hui en partie reconnu par l'UNESCO.

📚 Les repères culturels du Brésil en un coup d'œil

Identité culturelle Métissage portugais, africain et amérindien
Valeurs dominantes Convivialité, sens de la famille, flexibilité sociale, expression corporelle
Langues officielles Portugais (langue officielle unique) ; plus de 270 langues autochtones recensées (IBGE)
Religions principales Catholicisme 56,7 %, évangélisme 26,9 %, sans religion 9,3 % (IBGE, recensement 2022)
Patrimoine mondial UNESCO 25 sites inscrits (2025)
Expressions culturelles Musique (samba, MPB, bossa nova), littérature, cinéma, arts visuels
Symboles nationaux Christ Rédempteur, drapeau et devise « Ordem e Progresso », football
Diversité régionale Forte

Ce panorama chiffré confirme ce que révèle l'observation du pays au quotidien : le Brésil ne forme pas un ensemble culturel homogène, mais une mosaïque de traditions régionales reliées par une langue commune et une religiosité partagée, quoique de plus en plus diverse. Les sections suivantes détaillent chacun de ces repères.

Les valeurs qui façonnent la société brésilienne

La convivialité et le sens du collectif

La convivialité, souvent désignée par l'expression calor humano, désigne la chaleur relationnelle qui caractérise les échanges sociaux au Brésil. Elle se traduit par une facilité à engager la conversation, une hospitalité spontanée envers les inconnus et une vie sociale qui se déroule largement en dehors du cercle familial restreint.

Cette valeur occupe une place centrale car elle compense, dans une large mesure, les fortes inégalités économiques et sociales qui traversent le pays. Elle constitue un ciment social reconnu par de nombreux observateurs de la société brésilienne, y compris dans un contexte urbain marqué par de fortes disparités entre quartiers.

Elle se manifeste différemment selon les contextes : plus démonstrative dans le Nordeste et à Rio de Janeiro, elle prend une forme plus réservée dans les grandes métropoles du Sud, où l'influence européenne a introduit un rapport plus formel aux interactions sociales.

Au quotidien, cette convivialité s'observe dans la manière de saluer, d'occuper l'espace public ou de partager un repas — des codes détaillés dans la section consacrée à la culture au quotidien. Elle trouve également son expression la plus spectaculaire dans les grandes célébrations collectives du pays, à commencer par le Carnaval, dont l'organisation et les usages relèvent des traditions du Brésil.

L'importance de la famille et des liens proches

La famille reste une valeur de référence dans l'organisation sociale brésilienne, au sens large : elle inclut fréquemment la famille étendue, les parrains et marraines, ainsi qu'un réseau dense de relations de voisinage assimilées à des liens quasi familiaux.

Cette importance accordée aux liens proches s'explique en partie par un système de protection sociale historiquement limité, qui a fait de la solidarité familiale et communautaire un filet de sécurité de fait, notamment dans les classes populaires.

Les repas dominicaux réunissant plusieurs générations, les réseaux d'entraide de voisinage ou l'importance du parrainage restent des pratiques largement répandues, bien que leur intensité varie selon les milieux sociaux et le degré d'urbanisation.

Cette centralité familiale se traduit concrètement dans les usages de politesse et les rythmes de vie quotidiens, développés plus loin dans la page.

Le « jeitinho brasileiro », une souplesse face aux règles

Le jeitinho brasileiro désigne une manière informelle de contourner un obstacle administratif, une règle rigide ou une situation bloquée, en misant sur la relation personnelle, la créativité ou la négociation plutôt que sur l'application stricte des procédures.

Cette valeur, largement documentée par les sciences sociales brésiliennes, est perçue localement comme une qualité d'adaptation plutôt que comme un manquement à la règle. Elle traduit une société où les relations interpersonnelles priment souvent sur les cadres formels.

Le jeitinho ne doit toutefois pas être confondu avec la corruption : il s'agit avant tout d'une souplesse relationnelle du quotidien, appliquée à des situations mineures, et non d'une tolérance envers des pratiques illégales.

Cette flexibilité se retrouve dans le rapport souple au temps observable au quotidien, développé plus loin dans la page.

L'expression du corps et l'informalité relationnelle

Le corps occupe une place importante dans la communication sociale brésilienne : gestuelle expressive, proximité physique et importance accordée à l'apparence font partie des codes relationnels courants, y compris dans des contextes professionnels.

Cette valorisation du corps s'explique notamment par l'héritage des danses et musiques afro-brésiliennes, où le mouvement constitue un mode d'expression à part entière, ainsi que par un climat qui favorise une vie sociale extérieure et une tenue vestimentaire décontractée une grande partie de l'année.

Cette expressivité corporelle se manifeste avec plus d'intensité dans les régions à forte influence afro-brésilienne, et de façon plus retenue dans les États du Sud.

Elle s'exprime concrètement dans les salutations quotidiennes, détaillées dans la section suivante.

Les expressions culturelles du Brésil

La musique, miroir de la diversité brésilienne

La musique brésilienne rassemble une diversité de genres nés de la rencontre entre rythmes africains, mélodies portugaises et instruments amérindiens : la samba à Rio de Janeiro, le forró et le maracatu dans le Nordeste, la bossa nova née dans les années 1950, ou encore le funk carioca et le sertanejo, très populaires aujourd'hui.

Cette diversité musicale révèle la fragmentation régionale du pays autant que son unité : chaque genre est associé à un territoire et à une histoire sociale précise, tout en participant d'un même patrimoine musical reconnu à l'échelle internationale.

La musique reste aujourd'hui extrêmement vivante : le funk carioca et le sertanejo universitário dominent les classements nationaux, tandis que la bossa nova et la samba continuent de rayonner à l'international, entretenant l'image musicale du pays à l'étranger.

La littérature, de Machado de Assis au modernisme

La littérature brésilienne s'est affirmée à partir de la fin du XIXe siècle avec des auteurs comme Machado de Assis, dont l'œuvre a profondément renouvelé le roman brésilien, puis avec le mouvement moderniste des années 1920, porté notamment par Mário de Andrade, qui a cherché à définir une identité littéraire proprement brésilienne, affranchie des modèles européens.

Cette recherche d'une voix propre traduit une préoccupation centrale de la culture brésilienne : affirmer une identité nationale distincte, tout en assumant l'héritage multiple qui la compose.

La littérature contemporaine brésilienne reste active, portée par des auteurs traduits à l'international et par un marché éditorial dynamique, notamment autour des questions sociales et raciales.

Le cinéma, du Cinema Novo aux succès internationaux

Le mouvement du Cinema Novo, apparu dans les années 1960, a marqué le cinéma brésilien par une volonté de filmer les réalités sociales du pays avec des moyens modestes, en rupture avec les productions plus commerciales de l'époque.

Ce cinéma d'auteur engagé a posé les bases d'une tradition cinématographique qui continue d'explorer les inégalités sociales et la diversité du pays, comme en témoignent des œuvres brésiliennes régulièrement primées dans les grands festivals internationaux.

Le cinéma brésilien conserve aujourd'hui une vitalité reconnue, entre productions indépendantes et succès populaires distribués à l'international.

Les arts visuels et le patrimoine baroque colonial

L'art baroque colonial, développé notamment dans l'État de Minas Gerais au XVIIIe siècle, constitue l'une des expressions artistiques les plus originales du pays, portée par des artistes comme le sculpteur Aleijadinho.

Cette production artistique révèle l'adaptation des formes esthétiques européennes à un contexte colonial et à une main-d'œuvre en grande partie afro-brésilienne, donnant naissance à un style reconnaissable, aujourd'hui protégé au titre du patrimoine national.

Ce patrimoine baroque continue d'attirer chercheurs et visiteurs, notamment dans les villes historiques du Minas Gerais reconnues par l'UNESCO.

💡 Idée reçue sur la culture au Brésil

Le Brésil serait culturellement résumé à la samba et au Carnaval de Rio. En réalité, la samba reste avant tout associée à Rio de Janeiro et à Bahia : le Nordeste privilégie le forró, le Sud le fandango, chaque région ayant ses propres traditions musicales.

Les symboles et l'identité nationale

Le drapeau et la devise « Ordem e Progresso »

Le drapeau brésilien associe le vert et le jaune, couleurs traditionnellement liées à la monarchie portugaise puis à la République, à un globe céleste étoilé portant la devise Ordem e Progresso (« Ordre et Progrès »).

Cette devise, inspirée du positivisme du philosophe français Auguste Comte, exprime l'ambition de modernisation qui a accompagné la proclamation de la République en 1889 et reste aujourd'hui un repère identitaire immédiatement reconnaissable, y compris à l'international.

Le Christ Rédempteur, symbole de l'identité nationale

Érigée sur le mont Corcovado à Rio de Janeiro et inaugurée en 1931, la statue du Christ Rédempteur constitue l'un des symboles les plus reconnus du Brésil à l'étranger.

Au-delà de sa dimension religieuse, elle en est venue à incarner l'identité nationale brésilienne dans son ensemble, associant la ferveur catholique historique du pays à son image touristique internationale.

Brasília, symbole de modernité et d'unité nationale

Construite dans les années 1950 et inaugurée en 1960 pour devenir la nouvelle capitale fédérale, Brasília a été conçue par l'urbaniste Lúcio Costa et l'architecte Oscar Niemeyer selon les principes de l'architecture moderniste.

Son plan en forme d'avion et ses bâtiments institutionnels aux lignes épurées symbolisent la volonté d'un Brésil tourné vers l'avenir et unifié autour d'une capitale située au cœur du pays, loin des grandes métropoles côtières historiques.

Le football, symbole d'unité populaire

Introduit à la fin du XIXe siècle, le football est devenu bien plus qu'un sport au Brésil : il constitue l'un des rares repères capables de rassembler l'ensemble de la population autour d'une identité commune, indépendamment des origines régionales ou sociales.

Les victoires de la sélection nationale en Coupe du monde ont contribué à construire un récit national partagé, tandis que la pratique du football dans les rues et sur les plages reste une scène d'apprentissage populaire, souvent citée comme le creuset du style de jeu brésilien.

La culture au quotidien

Les salutations et la proximité physique

Les Brésiliens se saluent généralement par une accolade ou un baiser sur la joue, y compris entre personnes qui se connaissent peu, un usage plus marqué qu'en France dans les contextes informels.

Ce contact physique traduit la valeur de convivialité présentée plus haut : il ne constitue pas une familiarité excessive, mais une norme sociale largement partagée, même si son intensité varie selon les régions et les générations.

Dans un cadre professionnel plus formel, la poignée de main reste la norme, en particulier dans les grandes villes du Sudeste et du Sud, plus marquées par une culture d'affaires internationale.

Le rapport souple au temps

Le respect strict des horaires n'a pas la même importance sociale qu'en Europe du Nord : arriver avec un léger retard à un rendez-vous informel est généralement toléré, voire attendu, dans de nombreux contextes sociaux.

Cette souplesse traduit concrètement le jeitinho brasileiro évoqué plus haut : le temps social est perçu comme ajustable en fonction des relations et des circonstances, plutôt que comme une contrainte rigide à respecter en toutes circonstances.

Cette flexibilité concerne avant tout la sphère sociale : les rendez-vous professionnels et les horaires de transport suivent des règles plus strictes, en particulier dans les grandes métropoles.

La sociabilité et la vie en extérieur

La vie sociale brésilienne se déroule largement hors du domicile : plages, bars de quartier (botecos) et places publiques constituent des lieux de rencontre quotidiens, à toute heure de la journée.

Ce mode de vie extraverti est en partie rendu possible par un climat chaud sur la majeure partie de l'année, détaillé sur la page consacrée au climat du Brésil, qui favorise une occupation permanente de l'espace public.

Cette sociabilité de rue est particulièrement développée dans les villes côtières comme Rio de Janeiro ou Salvador, tandis que les grandes métropoles intérieures comme São Paulo présentent un rythme de vie plus urbain et professionnel.

Une communication directe et expressive

La communication brésilienne privilégie généralement l'expressivité et la chaleur relationnelle à la distance formelle : les interlocuteurs s'appellent rapidement par leur prénom, et le ton employé reste souvent enjoué, y compris dans des échanges professionnels.

Cette expressivité ne doit pas être interprétée comme un manque de sérieux : elle correspond à un registre culturel où la relation personnelle facilite les échanges, y compris dans un cadre commercial ou administratif.

Cette proximité relationnelle se traduit également par un usage fréquent des diminutifs affectueux et par une gestuelle marquée à l'oral, cohérente avec l'importance accordée au corps évoquée précédemment.

⚖️ Comparer la culture du Brésil

Le Brésil partage avec le Portugal la langue et un héritage catholique commun, hérité de la colonisation. Mais l'apport massif des cultures africaines et amérindiennes a profondément différencié la société brésilienne : une religiosité plus plurielle, une musicalité plus marquée et une informalité sociale bien plus prononcée que dans la culture du Portugal, plus proche des codes d'Europe du Sud.

Les influences qui ont façonné la culture

L'héritage portugais

La colonisation portugaise, débutée au XVIe siècle, a légué au Brésil sa langue officielle, le catholicisme comme religion historiquement dominante, ainsi qu'une part importante de son architecture coloniale, encore visible dans les centres historiques de villes comme Ouro Preto ou Salvador.

Cette influence reste aujourd'hui la plus structurante sur le plan institutionnel et linguistique, même si elle s'est profondément transformée au contact des autres héritages du pays.

L'héritage africain

Plusieurs millions d'Africains ont été déportés au Brésil pendant la période coloniale, principalement pour travailler dans les plantations. Leur héritage se retrouve aujourd'hui dans les religions afro-brésiliennes, dans la musique, dans la danse et dans une grande partie de la cuisine du pays, cette dernière relevant de la page consacrée à la gastronomie du Brésil.

Cet héritage est particulièrement visible dans le Nordeste, notamment dans l'État de Bahia, où il structure fortement l'identité culturelle régionale — un héritage que le Brésil partage, dans une certaine mesure, avec d'autres sociétés issues de la traite atlantique comme la culture de Cuba.

L'héritage amérindien

Les peuples autochtones, présents avant la colonisation, ont laissé une empreinte durable dans la toponymie brésilienne, dans le vocabulaire issu du tupi et dans certaines pratiques alimentaires et médicinales encore en usage aujourd'hui.

Cet héritage reste particulièrement vivant dans les régions amazoniennes, où de nombreux peuples autochtones continuent de transmettre leurs langues et leurs savoirs, malgré une forte pression démographique et environnementale sur leurs territoires.

Les vagues d'immigration européenne et asiatique

À partir de la fin du XIXe siècle, d'importantes vagues d'immigration italienne, allemande, puis japonaise se sont installées principalement dans le Sud et le Sudeste du pays, où elles ont laissé une empreinte architecturale, culinaire et culturelle encore visible aujourd'hui.

Le Brésil abrite ainsi la plus importante communauté d'origine japonaise hors du Japon, concentrée notamment à São Paulo, tandis que l'héritage germanique et italien reste très présent dans les États du Sud comme le Rio Grande do Sul et Santa Catarina.

Diversité régionale

Le Nordeste, berceau des héritages afro-brésiliens

Le Nordeste, première région de colonisation et principale porte d'entrée de la traite négrière au Brésil, concentre l'héritage culturel afro-brésilien le plus dense du pays, particulièrement visible à Salvador de Bahia, dans la musique, les religions et les fêtes populaires.

Le Sud, marqué par l'héritage européen

Les États du Sud (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná) portent une empreinte culturelle européenne plus marquée, héritée des vagues d'immigration allemande et italienne, visible dans l'architecture, la gastronomie et certaines fêtes régionales.

Le Nord et l'Amazonie, entre cultures amérindiennes et frontière

La région amazonienne reste la plus proche des cultures autochtones, avec une vie sociale organisée autour du fleuve et de la forêt, et une présence encore forte de langues et de savoirs amérindiens, notamment dans l'État d'Amazonas.

Le Sudeste, carrefour culturel et économique

Le Sudeste, qui concentre Rio de Janeiro et São Paulo, illustre à lui seul la diversité interne du pays : une capitale culturelle et touristique tournée vers la plage et la fête d'un côté, une mégapole cosmopolite et économique de l'autre, reflet du Brésil urbain contemporain.

Religions et spiritualités

Le catholicisme, héritage historique en recul

Le catholicisme demeure la première religion du pays, mais sa part dans la population continue de reculer : selon le recensement de l'Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) de 2022, 56,7 % des Brésiliens se déclaraient catholiques, contre 65,1 % en 2010.

L'essor des Églises évangéliques

À l'inverse, les Églises évangéliques poursuivent leur progression : elles rassemblaient 26,9 % de la population en 2022, contre 21,6 % en 2010, avec une implantation particulièrement forte dans les États du Nord et du Nordeste.

Les religions afro-brésiliennes

Le candomblé et l'umbanda, religions nées de la rencontre entre croyances africaines, catholicisme et spiritualités amérindiennes, rassemblent environ 1 % de la population selon l'IBGE, avec une présence particulièrement marquée à Bahia et à Rio de Janeiro.

Un syncrétisme religieux marqué

Au-delà des chiffres, la religiosité brésilienne se caractérise par de nombreuses pratiques syncrétiques, où des éléments catholiques, africains et populaires se combinent, y compris chez des personnes qui se déclarent appartenir à une seule religion.

🧭 Ce qui surprend souvent les voyageurs

La proximité physique dès les premiers échanges (accolades, contact) peut surprendre un visiteur habitué à plus de distance : elle relève d'une norme sociale de convivialité, non d'une familiarité déplacée. De même, un léger retard à un rendez-vous informel n'est généralement pas perçu comme un manque de respect, mais comme une souplesse assumée envers le temps social. Enfin, les remarques directes sur l'apparence physique, courantes au Brésil, traduisent une décontraction culturelle plutôt qu'un jugement de valeur.

Questions fréquentes

- Quelle langue parle-t-on au Brésil ?

Le portugais est l'unique langue officielle du Brésil depuis la Constitution de 1988. Le pays compte par ailleurs plus de 270 langues autochtones recensées par l'IBGE, encore parlées par certaines communautés amérindiennes, notamment en Amazonie, bien qu'elles ne concernent qu'une infime part de la population.

- Quelle est la religion principale au Brésil ?

Le catholicisme reste la première religion du pays, avec 56,7 % de la population en 2022 selon l'IBGE, mais sa part diminue au profit des Églises évangéliques (26,9 %) et des personnes sans religion (9,3 %). Les religions afro-brésiliennes, bien que minoritaires, restent culturellement influentes.

- Comment saluer une personne au Brésil ?

L'accolade ou le baiser sur la joue est la salutation la plus courante dans un cadre informel, y compris entre personnes se rencontrant pour la première fois. Dans un contexte professionnel plus formel, en particulier à São Paulo, la poignée de main reste la norme.

- La culture brésilienne est-elle la même dans tout le pays ?

Non. Le Brésil présente une forte diversité régionale : le Nordeste porte un héritage afro-brésilien marqué, le Sud une influence européenne, tandis que le Nord reste plus proche des cultures amérindiennes. La langue et le football restent les principaux repères culturels communs à l'ensemble du pays.

- Comment les Brésiliens perçoivent-ils les visiteurs étrangers ?

L'accueil des visiteurs étrangers est généralement chaleureux, dans la continuité de la convivialité qui caractérise les relations sociales locales. Cette hospitalité n'empêche pas les mêmes précautions de prudence urbaine qu'ailleurs, en particulier dans les grandes métropoles.

- Qu'est-ce que le « jeitinho brasileiro » ?

Le jeitinho brasileiro désigne une manière informelle de contourner un obstacle administratif ou une règle rigide grâce à la relation personnelle ou à la créativité. Il est perçu localement comme une qualité d'adaptation, et non comme une transgression grave des règles.

- Quelle est la place de la musique dans la vie quotidienne au Brésil ?

La musique occupe une place centrale et quotidienne, bien au-delà des grandes fêtes : samba, forró, funk carioca ou sertanejo accompagnent la vie sociale ordinaire, des bars de quartier aux transports en commun, et constituent un langage social partagé par l'ensemble des classes sociales.

À retenir

La culture brésilienne se comprend d'abord comme le fruit d'un métissage entre héritages portugais, africains et amérindiens, qui continue de structurer la langue, la religion et la musique du pays. Cette identité commune s'exprime à travers des valeurs fortes la convivialité, l'importance de la famille et une souplesse assumée face aux règles mais elle se décline différemment selon les régions, entre un Nordeste marqué par l'héritage africain, un Sud d'influence européenne et une Amazonie proche des cultures amérindiennes. La religiosité, plurielle et en pleine évolution, ainsi que la place centrale de la musique et du corps, restent des clés essentielles pour comprendre la société brésilienne au quotidien.

Sources et vérification éditoriale

  • Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE) — Recensement démographique 2022, données sur les religions et les langues autochtones (résultats publiés en 2025).
  • Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO — Liste du patrimoine mondial au Brésil (situation 2025, 25 sites inscrits).
  • Constitution fédérale du Brésil (1988) — Article 13, statut du portugais comme langue officielle.

Date de dernière vérification : août 2026.

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